Kabinda, 40 ans déjà : ils témoignent… (suite)

Nous vous avons proposé il y a quelques jours un premier article commémorant la fondation de la seconde « mission » de la Communauté des Béatitudes en Afrique. Nous vous proposons ici d’autres témoignages exprimant notre immense action de grâce pour tous les bienfaits que Dieu a opérés à Kabinda. Tout cet article est tiré du n°83 de la revue Troas.

 

LIRE L’ARTICLE PRÉCÉDENT

 

Depuis 40 ans, des frères et sœurs de la Communauté n’ont cessé de se mettre au service des pauvres et des malades et au service de l’Église locale à travers l’évangélisation. Nous continuons de donner la parole à quelques uns d’entre eux…

 

Sr Alphonsine de la Trinité

Originaire de RDC, a séjourné à Kabinda de 1999 à 2012.

Voilà 22 années que je suis à la Communauté et j’en aurai passé 13 à Kabinda. C’est une période qui m’a particulièrement marquée. Deux fois par semaine tous les frères et sœurs allaient à l’hôpital pour faire la toilette des patients qui n’avaient pas d’accompagnants et tous les dimanches, on allait chercher les patients qui ne pouvaient pas se déplacer seuls pour les amener à la chapelle. Pour moi, ce fut un exercice très difficile, car j’avais du mal à supporter la souffrance des gens, je ne voulais même pas mettre un pied à l’hôpital. Je voulais encore moins toucher les malades. C’était durant la guerre et la misère était grande !
Un dimanche matin, j’ai quand même pu aller à l’hôpital, avec une consœur médecin, pour chercher les patients en vue de les amener à la messe. En arrivant à la maternité, nous avons vu une femme enceinte qui souffrait de tuberculose osseuse. Elle était alitée depuis plusieurs mois, elle ne pouvait pas se lever, elle avait des escarres et avant de l’emmener il fallait faire sa toilette. Ayant du mal à le faire, j’avais juste assisté ma sœur qui le faisait avec beaucoup d’amour. Après la toilette, nous l’avons transportée sur un brancard. J’ai été, ce jour-là, très touchée et bouleversée par cet acte de charité.
La nuit qui suivit fut blanche pour moi ! Cette femme avait un enfant qui était aussi tuberculeux. Il était très amaigri et couvert de gale. Le jour suivant, je suis allée toute seule à l’hôpital visiter cette maman qui souffrait terriblement. J’ai pris son enfant et je l’ai amené à la communauté. Je l’ai lavé sans gants, j’ai changé ses habits et ce fut une grande libération pour moi. Il était le premier pauvre dont j’ai pu m’occuper à Kabinda. J’avais pris la décision d’en finir avec sa gale et ce fut un grand miracle pour moi ! Puis j’ai continué de le faire tous les jours. L’enfant mangeait à la communauté, je lui donnais ses médicaments contre la tuberculose et ceci, jusqu’à sa guérison complète.

 

Pierre et Tiphaine Mérieux

Jeune couple français, volontaires à l’hôpital, Pierre est dentiste.

Une expérience qui marque ! Mariés depuis juillet 2019, nous sommes partis à Kabinda de novembre 2020 à juillet 2021 pour installer un cabinet dentaire dans l’hôpital St Camille, former des infirmiers aux soins dentaires et vivre presque 8 mois au sein de la Communauté des Béatitudes.
Qu’il est difficile de décrire en si peu de mots l’expérience que nous avons vécue là-bas, et ce qui nous a marqué… !
Nous avons chacun vécu notre volontariat à la fois conjointement et de manière différente, mais ce qui nous a beaucoup marqué tous les deux ce sont les premiers instants que nous avons passés au sein de l’hôpital. En effet, à peine arrivés à Kabinda, nous avons suivi Raphaëlle (jeune volontaire française en mission à l’hôpital depuis 10 mois) à travers les couloirs des différents services où elle nous a présenté les infirmiers et médecins. Plus que l’hôpital en lui-même, c’est la sensation d’avoir tous nos sens en alerte qui nous a le plus frappé : la vue, lorsque nous avons croisé des enfants en malnutrition aigüe sévère ; l’odorat, lorsque nous avons traversé les différents terrains où les malades se soulagent sans se soucier de savoir si l’espace est approprié pour cela ou non ; l’ouïe, lorsque nous avons entendu des mamans et papas gémir et se lamenter en criant vers la morgue…
Tout cela nous a d’abord paru insurmontable et l’électrochoc que nous avons reçu nous a permis de nous réinterroger sur la raison de notre venue à Kabinda. Puis petit à petit, portés par la prière, nos échanges en couple, et par Raphaëlle et les frères et sœurs de la Communauté, nous sommes parvenus à prendre racine pour vivre pleinement cette mission, qui nous a marqués par tant de belles choses ! Le dévouement des sœurs travaillant à l’hôpital mais aussi des autres missionnaires que nous avons croisés, la joie de vivre des enfants en dehors de l’hôpital, pour certains pourtant en grande pauvreté, la capacité des locaux à vivre l’instant présent et leur abandon total à la providence… et tant de choses encore, que nous gardons ancrées en nous.

 

Sr Aimée de Dieu

Française, membre du foyer de Kabinda.

Sauver la vie de nos enfants ! Je m’appelle sr Aimée de Dieu, je suis infirmière à l’hôpital de Kabinda depuis 2016.
Je travaille dans le service d’urgence et de soins intensifs pédiatriques et chaque jour nous recevons des enfants gravement malades parce que souvent, malheureusement, l’hôpital est la dernière option des parents. Et malgré les petits moyens que nous avons, certaines vies sont sauvées.
Voici l’histoire de Gilles, un enfant atteint de méningite, tombé dans le coma. Sa maman était veuve et elle devait supporter financièrement toute sa famille toute seule. Comme elle avait un petit commerce, en étant à l’hôpital auprès de son fils malade, elle ne pouvait travailler. C’est l’intendance de l’hôpital qui a soutenu toute la famille tout le temps de l’hospitalisation. L’Intendance reçoit des dons provenant d’Europe pour aider justement les plus démunis. Cet enfant s’est battu contre la méningite et est sorti guéri de l’hôpital. Et quelle ne fut pas ma surprise de retrouver ce même enfant le dimanche suivant à la messe sur les bancs de notre chapelle ! Notre apostolat Saint Damien qui aide à la scolarité des enfants indigents, l’a pris en charge dès qu’il a pu retourner à l’école. Quatre années sont passées et aujourd’hui il fait partie des servants de messe de notre Communauté.
Cette histoire n’est pas une histoire isolée, il y en a d’autres semblables, nombreuses. C’est pour que ce genre d’évènement se répète que nous nous battons chaque jour dans cet hôpital pour améliorer la qualité des soins et sauver la vie de nos enfants !
Et sans nos amis donateurs, rien de tout cela ne serait possible, alors à vous tous qui nous lisez : UN GRAND MERCI !

Pour soutenir la mission de nos frères et sœurs de Kabinda, c’est par ici !

Merci à tous ceux qui ont répondu à l’appel du Seigneur pour le service des plus pauvres à Kabinda. Merci à tous les volontaires venus passer quelques mois ou quelques années : Que Dieu les bénisse en cet anniversaire et les comble de ses bienfaits !

Découvrir la maison

Jean-Claude Michel

Jean-Claude Michel est diacre permanent. A la fin de ses études de médecine en 1975, il rejoint la Communauté des Béatitudes avec son épouse. Après quelques années d’exercice médical, il assume des responsabilités au sein de la Communauté. Depuis 2009, il dirige l’Association Alliances Internationales qui soutient et finance depuis la France, les œuvres caritatives et humanitaires de la Communauté.

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