Lettre apostolique « Desiderio Desideravi » du pape François

En la solennité des Apôtres Pierre et Paul, le 29 juin, le Pape François a publié la Lettre apostolique Desiderio desideravi sur la formation liturgique du peuple de Dieu. Un texte court et riche dont nous vous partageons quelques extraits pour vous donner envie de le lire cet été. 

Cette Lettre fait suite à celle adressée aux évêques après la publication du Motu Proprio Traditionis custodes. Le Saint-père nous y partage quelques réflexions sur la liturgie « pour aider à la contemplation de la beauté et de la vérité de la célébration chrétienne. » Il affirme à plusieurs reprises qu’il ne prétend pas traiter de manière exhaustive les questions abordées. Néanmoins, de nombreuses réflexions sont proposées sur le sens théologique de la liturgie, sur la nécessité d’une formation liturgique sérieuse de tout le peuple de Dieu et sur l’importance formatrice d’un ars celebrandi qui ne concerne pas seulement ceux qui président mais tous les baptisés.

Quelques extraits du premier tiers de cette lettre…

2. « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » ( Lc 22, 15)
5. Le monde ne le sait pas encore mais tous sont invités au repas des noces de l’Agneau (Ap 19, 9) (…) Nous ne devrions pas nous permettre ne serait-ce qu’un seul instant de repos, sachant que tous n’ont pas encore reçu l’invitation à ce repas, ou que d’autres l’ont oubliée ou se sont perdus en chemin dans les méandres de la vie humaine. » (…) 6. Avant notre réponse à son invitation – bien avant – il y a son désir pour nous. (…) Il est certain que toute réception de la communion au corps et au sang du Christ a déjà été voulue par Lui lors de la dernière Cène.

10. La foi chrétienne est soit une rencontre avec Lui vivant, soit elle n’existe pas. 11. La liturgie nous garantit la possibilité d’une telle rencontre. Dans l’Eucharistie et dans tous les sacrements nous avons la garantie de pouvoir rencontrer le Seigneur Jésus et d’être atteints par la puissance de son Mystère Pascal.

16. Par cette lettre, je voudrais simplement inviter toute l’Église à redécouvrir, à sauvegarder et à vivre la vérité et la force de la célébration chrétienne. Je voudrais que la beauté de la célébration chrétienne et ses conséquences nécessaires dans la vie de l’Église ne soient pas défigurées par une compréhension superficielle et réductrice de sa valeur ou, pire encore, par son instrumentalisation au service d’une vision idéologique, quelle qu’elle soit. La prière sacerdotale de Jésus à la dernière Cène pour que tous soient un (Jn 17, 21), juge toutes nos divisions autour du Pain rompu, sacrement de piété, signe d’unité, lien de charité.

21. Pour que l’antidote de la Liturgie soit efficace, il nous est demandé de redécouvrir chaque jour la beauté de la vérité de la célébration chrétienne. Je me réfère encore une fois au sens théologique, comme l’a admirablement décrit le n° 7 de Sacrosanctum Concilium : la Liturgie est le sacerdoce du Christ révélé et donné dans son Mystère
Pascal, rendu présent et actif aujourd’hui par des signes sensibles (eau, huile, pain, vin, gestes, paroles) afin que l’Esprit, en nous plongeant dans le mystère pascal, transforme toute notre vie, nous conformant toujours plus au Christ.

22. La redécouverte continuelle de la beauté de la liturgie n’est pas la poursuite d’un esthétisme rituel qui ne prend plaisir qu’à soigner la formalité extérieure d’un rite ou se satisfait d’une scrupuleuse observance des rubriques. Il va de soi que cette affirmation ne vise nullement à approuver l’attitude opposée qui confond la simplicité avec une banalité débraillée, l’essentialité avec une superficialité ignorante, ou le caractère concret de l’action rituelle avec un
fonctionnalisme pratique exaspérant.

23. Soyons clairs : tous les aspects de la célébration doivent être soignés (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chant, musique, …) et toutes les rubriques doivent être respectées : une telle attention suffirait à ne pas priver l’assemblée de ce qui lui est dû, c’est-à-dire le mystère pascal célébré selon le rituel établi par l’Église. Mais même si la qualité et le bon déroulement de la célébration étaient garantis, cela ne suffirait pas pour que notre participation soit pleine et entière.

24. Si notre émerveillement pour le mystère pascal rendu présent dans le caractère concret des signes sacramentels venait à manquer, nous risquerions vraiment d’être imperméables à l’océan de grâce qui inonde chaque célébration.

Les efforts, certes louables, pour améliorer la qualité de la célébration ne suffisent pas, pas plus que l’appel à une plus grande intériorité : même cette dernière court le risque d’être réduite à une subjectivité vide si elle n’accueille pas la révélation du mystère chrétien. La rencontre avec Dieu n’est pas le fruit d’une recherche intérieure individuelle, mais un événement donné : nous pouvons rencontrer Dieu à travers le fait nouveau de l’Incarnation qui, dans la dernière Cène, va jusqu’à désirer être mangé par nous. (…)

25. Quand je parle d’émerveillement devant le Mystère pascal, je n’entends nullement ce que me semble parfois exprimer l’expression vague de « sens du mystère ». C’est parfois l’une des principales accusations portées contre la réforme liturgique. On dit que le sens du mystère a été supprimé de la célébration. L’émerveillement dont je parle n’est pas une sorte de désarroi devant une réalité obscure ou un rite énigmatique, mais c’est, au contraire, l’émerveillement devant le fait que le dessein salvifique de Dieu nous a été révélé dans la Pâque de Jésus (cf. Ep 1, 3-14) dont l’efficacité continue à nous atteindre dans la célébration des « mystères », c’est-à-dire des sacrements. Il n’en reste pas moins vrai que la plénitude de la révélation a, par rapport à notre finitude humaine, une abondance qui nous transcende et qui aura son accomplissement à la fin des temps, lorsque le Seigneur reviendra. Si l’émerveillement est vrai, il n’y a aucun risque que nous ne percevions pas, même dans la proximité voulue par l’Incarnation, l’altérité de la présence de Dieu. (…) La beauté, tout comme la vérité, suscite toujours l’admiration et, lorsqu’elle est rapportée au mystère de Dieu, elle conduit à l’adoration.

26. L’émerveillement est une partie essentielle de l’acte liturgique car c’est l’attitude de ceux qui se savent confrontés à la particularité des gestes symboliques ; c’est l’émerveillement de celui qui fait l’expérience de la puissance du symbole, qui ne consiste pas à se référer à un concept abstrait mais à contenir et à exprimer dans sa concrétude même ce qu’il signifie.

Pour finir

Le Saint-Père poursuit par des réflexions sur la formation liturgique indispensable pour tous les baptisés, sur l’importance des symboles dans la liturgie et sur l’ars celebrandi, l’art de célébrer, une des façons de croître dans une compréhension vitale de ceux-ci.

Pour ne pas nous contenter des commentaires de cette Lettre, prenons le temps de la lire tout simplement…

Lire la LETTRE APOSTOLIQUE

Sœur Laetitia du Cœur de Jésus

Entrée à la Communauté des Béatitudes en 1998, sœur Laetitia est actuellement à la maison générale, à Blagnac, au service du secrétariat général et de la communication de la grande Communauté.

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