Un été sous le signe de la mission
Cet été, j’ai eu l’opportunité de servir auprès de la Communauté des Béatitudes à Denver (Étas-Unis). Ce fut un été rempli de prière, de service, de voyages, d’aventures et de nombreux moments ordinaires de la vie communautaire. En regardant en arrière, je suis frappée par la façon dont chaque étape a offert un aperçu différent de ce que signifie vivre la mission : non seulement à travers de grands événements, mais aussi par l’invitation quotidienne à prier, servir et aimer les personnes qui nous entourent.
Le rythme de la vie communautaire
Une grande partie de mon expérience cet été a simplement consisté à apprendre le rythme de vie avec la Communauté. Nos journées étaient structurées autour de la prière : les Laudes, la prière du milieu du jour, les Vêpres, les Complies, la messe quotidienne et une heure sainte. En tant que stagiaire, j’ai pu comprendre plus profondément comment la mission de la Communauté découle directement de sa vie de prière. J’ai commencé à réaliser que le travail que nous accomplissons n’est pas séparé de la prière ; au contraire, notre service doit jaillir de la grâce reçue dans l’oraison. Cela m’a enseigné que la mission ne revêt pas toujours un aspect extraordinaire. Souvent, elle consiste simplement à prêter attention à la personne en face de soi et à choisir de la servir avec amour.
France : un pèlerinage aux origines de mon engagement
L’un des temps forts de cet été a été de passer deux semaines en France avec un groupe de jeunes venus des États-Unis. Puisqu’il s’agissait de mon deuxième pèlerinage avec la Communauté en France, ce retour avait une signification toute particulière : c’est là que j’avais ressenti pour la première fois l’appel du Seigneur à consacrer du temps à la mission, ce qui m’avait ensuite amenée à passer une année entière au service de la Communauté.
Nous avons visité plusieurs maisons de la Communauté, comme celles de Blagnac, Nay et Lisieux. Tout au long de notre pèlerinage jusqu’à Lourdes, nous avons eu l’occasion de porter les intentions de prière de nombreuses personnes. Cette expérience m’a offert un espace de réflexion sur la manière dont le Seigneur a agi depuis mon premier « oui ».
Ce pèlerinage s’est aussi révélé être un apprentissage très concret de l’abandon. Qu’il s’agisse de se repérer ensemble dans Paris, de marcher au rythme d’un autre, de porter le pique-nique ou de choisir où s’arrêter pour manger une glace, je me suis rappelé que l’abandon réside souvent dans de petits choix quotidiens consistant à faire passer l’autre avant soi. À travers le témoignage de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse, j’ai aussi vu plus clairement comment le Seigneur vient déposer sa miséricorde au cœur de nos vulnérabilités et de nos blessures cachées.
L’expérience des montagnes du Colorado
De retour au Colorado, nous avons accompagné une randonnée en bivouac organisée par la Communauté avec 16 jeunes. En portant tout le nécessaire sur nos dos, j’ai développé une profonde gratitude pour la création et la providence divine. C’était la première fois que je randonnais au-dessus de la limite des arbres ; l’immensité du paysage facilitait la mise à distance du bruit et des distractions du quotidien. Nos journées étaient rythmées par la prière, la marche, la messe, la baignade et l’adoration. Chaque soir, un temps d’enseignement nous aidait à approfondir notre relation avec le Seigneur.
Le camp des familles : simplicité et chemin de sainteté
Un autre moment marquant a été le camp des familles, où quatorze familles se sont rassemblées pour un week-end de camping, de prière et de vie commune. J’ai passé une grande partie du week-end à m’occuper des plus jeunes pendant que les parents participaient aux temps de formation et aux groupes d’échange.
La joie et la simplicité des enfants m’ont rappelé avec beauté l’invitation de Jésus à devenir comme de petits enfants. J’ai été particulièrement inspirée par ces parents qui ont délibérément offert ces trois jours à Dieu et à leurs proches. Les voir se donner sans compter pour leurs enfants m’a rappelé que la vie de famille peut constituer en elle-même un puissant chemin de sainteté, et que les enfants peuvent réellement guider leurs parents vers Dieu.
Savoir recevoir chaque jour dans la confiance
En jetant un regard en arrière sur cet été, je suis remplie de gratitude pour toutes les manières dont le Seigneur m’a permis de faire l’expérience de la mission. La France m’a enseigné l’abandon, les montagnes m’ont appris à lever les yeux, le camp des familles m’a rappelé la joie de l’enfance, et la vie communautaire au quotidien m’a montré que la sainteté réside souvent dans les actes d’amour les plus simples.
Alors que je poursuis cette année de stage au sein de la Communauté, j’apprends à ne pas trop m’inquiéter de l’avenir. Je peux rester fidèle à ce que le Seigneur place devant moi aujourd’hui. Comme l’écrit saint Matthieu (6, 34) : « Ne vous souciez pas du lendemain ». Pour l’instant, l’invitation consiste simplement à accueillir chaque journée comme elle vient, en faisant confiance au Seigneur pour guider mes pas.
Giana