30 ans de la Communauté des Béatitudes au Vietnam !

C’est en 1994 que la Communauté des Béatitudes a été fondée au Viêt Nam par une vietnamienne, Sr Myriam Mai Thanh, et une équipe de jeunes étudiants. Les frères et soeurs devenus presqu’aussi « nombreux que les grains de sable au bord de la mer »… viennent de fêter les 30 ans de présence des Béatitudes au Viêt Nam ! Témoignage du Fr. Nilson, retour sur la fondation – et la fondatrice ! – et présentation de cette implantation pleine de jeunesse…

 

Refléter l’amour trinitaire pour les plus petits

Tout était prêt ce 26 mai 2024 au moment de commencer la Messe solennelle d’action de grâces pour les 30 ans de la fondation de la Communauté au Vietnam ! Chapelle bondée avec près de 500 amis, décoration florale vive en couleurs, chorale parfaitement accordée. L’un des témoins des premiers pas de la Communauté au Viêt Nam, Mgr Joseph Tan Tuoc NGUYEN, évêque de Phu Cuong, présidait l’Eucharistie festive.

L’homélie, profonde, a évoqué le mystère de la Sainte Trinité, fêté ce jour-là. En parlant du Dieu-communion qui s’est fait tout proche de l’humanité, Monseigneur a rappelé avec beaucoup de conviction l’importance de la vocation de la Communauté : la communion entre différents états de vie et la manifestation concrète de l’amour de Dieu pour les plus petits et les pauvres.

Il était touchant de sentir son amitié fidèle et son soutien paternel à la Communauté au long des années. Comme le Bon Pasteur, il nous accompagne dans notre service pour le Royaume et nous invite à être féconds en cette terre généreuse. Moi-même je me suis alors souvenu de ce jour où, encore stagiaire, j’avais appris qu’une petite graine de la Communauté avait été plantée en terre vietnamienne.

C’était il y a 30 ans et cette petite graine a grandi et porte beaucoup de fruits ! Merci Seigneur !

Fr. Nilson, en visite pour cet événement

Une réfugiée devenue fondatrice

Sr Myriam Mai Thanh, d’origine vietnamienne, a découvert la vie religieuse à douze ans dans une communauté au Cambodge. Elle y apprit la langue et la culture Khmer qu’elle finit par maîtriser mieux que sa langue maternelle. Une fois devenue religieuse, elle vécut comme une Cambodgienne au service des populations locales. Mais dans les années 70, lorsque la guerre civile éclata au Cambodge, les Khmers rouges massacrèrent près de deux millions de personnes. Les missionnaires durent fuir le pays, et Sr Myriam retourna donc au Viêt Nam où la situation politique était tout aussi instable. Suite à la chute de Saïgon le 30 avril 1975, des millions de personnes durent fuir vers l’Occident en bateau. Plusieurs centaines de milliers de ces boat-people périrent en mer. Sr Myriam aurait dû en faire partie, mais elle échappa de peu à la mort pour avoir raté le bateau qui allait être englouti par les vagues la nuit suivante. Elle témoigne : « J’ai échappé tant de fois à la mort et dans des conditions telles que seule une intervention du Ciel peut l’expliquer. »

Arrivée à Rotterdam en 1978, notre sœur désirait ardemment reprendre la vie religieuse, sans savoir où le Seigneur allait la conduire. Elle trouva enfin la Communauté des Béatitudes et y prononça ses vœux définitifs en juin 1986 sous le nom de Sr Myriam de Nazareth.

En 1992, pour la première fois après 14 ans, Sr Myriam put retourner dans son pays natal. À cette époque, le pays connaissait une grande misère. Notre sœur avait le projet de fonder la Communauté dans son pays, mais comment ? Alors toute seule, sans parler correctement la langue vietnamienne, Sr Myriam regroupa une quinzaine d’étudiants pour commencer une vie communautaire. Il y avait alors dans tous les coins des quartiers des enfants de la rue, dits « poussière de vie ». La vie du premier groupe se fonda sur la prière, les études et l’accompagnement de ces enfants à travers des cours d’alphabétisation. Durant les dix-huit ans de responsabilité qui s’en suivirent, Sr Myriam a su former une première génération de frères et sœurs qui pouvaient assumer la suite.

Au service des orphelins, des personnes handicapées et des jeunes

Dès le début, dans un pays au contexte extrêmement difficile, la Communauté a été accueillie et soutenue par les évêques de Saï Gon, de Phu Cuong et de Xuan Loc. Quelques années plus tard, la Communauté a fondé une maison à Tapao avec l’accueil bienveillant de l’évêque du diocèse de Phan Thiet. Durant cette période de 1994 à 2012, plusieurs frères et sœurs ont été formés dans le pays ou en France et il y eut les premières professions de frères et soeurs et engagements définitifs de laïcs et l’ordination des premiers prêtres. Cette étape fondatrice a vu naitre l’ensemble des réalités qui continuent à se développer aujourd’hui : un orphelinat accueillant maintenant 90 enfants, des foyers d’étudiants et d’étudiantes en difficulté financière, l’accueil de jeunes porteurs de handicaps, une ferme…

Depuis un an, la Communauté a mis l’accent sur un nouveau projet : en effet l’accueil à l’orphelinat entraine deux nécessités : l’apport en produits alimentaires pour les besoins du centre et la préparation des jeunes les plus âgés à leur insertion sociale par une formation professionnelle. Avec audace et créativité, le projet de la ferme de Suối Cát essaie d’y répondre.

«  Tout ce que Dieu fait est bon. »

Après trente ans d’existence de la Communauté au Viêt Nam, des centaines d’enfants – orphelins, sourds-muets, de minorités ethniques, démunis de toutes sortes – ont grandi dans cette « grande famille ». Aujourd’hui une cinquantaine de frères et sœurs sont membres de la Communauté et plusieurs jeunes vocations y sont en discernement.

Les fruits des œuvres de Dieu sont grands, mais Sr Myriam garde toujours son humilité : « On ne peut sonder les pensées de Dieu et ses projets pour chacun d’entre nous. On ne peut comprendre les motifs pour lesquels Dieu choisit ses serviteurs : Il choisit Abraham le vieillard pour père de son peuple, Pierre le renégat pour chef de son Église, Paul le persécuteur pour Apôtre des Nations, Marie-Madeleine pour annoncer la résurrection… et moi, la petite ignorante, la paysanne sans instruction ni savoir, pour participer à l’extension de son amour miséricordieux, sous la forme de la Communauté des Béatitudes au Viêt Nam. Il est Dieu, il fait ce qu’il veut ! Et tout ce qu’il fait est bon. »

 

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Sœur Laetitia du Cœur de Jésus

Entrée à la Communauté des Béatitudes en 1998, sœur Laetitia est actuellement à la maison générale à Blagnac, au service de la communication de la Communauté.

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