La vie d’oraison
 

L’adoration du Saint Sacrement

Le Sacrifice Eucharistique qui fait mémoire et qui actualise l’offrande du Christ sur la Croix et la victoire de la Résurrection, évoque le plus grand miracle de toute l’histoire de l’humanité, à savoir la venue de Dieu parmi les hommes et son offrande pour le salut de tous. Le deuxième grand miracle réside dans la permanence du Christ après sa Résurrection. En effet, Jésus avant son Ascension dit à ses disciples : «Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde» (1).

L’Église, forte de cette foi, reconnaît dans l’Hostie consacrée la Présence Réelle et permanente du Christ au milieu d’elle. Cette Présence de lumière, d’amour et de feu, a fait exulter le Saint Curé d’Ars qui s’exclamait : «Dieu est là ! Dieu est là !».

En cette Présence, Dieu s’offre à nos regards et à nos cœurs, nous invitant à entrer dans son intimité. De ce mystérieux échange, les fruits débordent pour nous-mêmes et pour le monde. Les apostolats prennent leur source le silence de ce cœur à cœur.

Partout où cela est possible, la Communauté a le souci d’exposer le Saint Sacrement quotidiennement. Les frères et sœurs prennent chacun une heure d’adoration, ce temps étant le moment privilégié de la pratique de l’oraison.

(1) Matthieu 28,20

L’oraison

Dieu, voulant «élever les hommes jusqu’au partage de la vie divine»(1), met en nous le désir de le voir face à face, afin que, dans cette vision, notre âme soit consumée par Celui qui est comme un feu dévorant (2), et aspire toujours plus à l’union avec l’Époux. «J’ai trouvé Celui que mon cœur aime, je L’ai saisi et ne Le lâcherai point» (3). C’est ainsi que l’oraison, pur dialogue d’amour, prend une place essentielle dans notre vie, car elle est la voie royale qui nous conduit à la connaissance de Celui qui est tout Amour. «Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour» (4).

Jésus a dit : «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive» (5), et forts de cette parole nous voulons cheminer vers la source d’eau vive, la source de toute grâce qui seule peut étancher nos soifs. Avec sainte Thérèse d’Avila, nous savons que «l’âme qui boit de cette eau, n’a plus soif des choses de cette vie» (6). Nous supplions donc notre Seigneur de nous couvrir dans sa bonté infinie du flot de cette eau, car «elle est une faveur entièrement surnaturelle qui ne dépend point de notre volonté» (7).

Les frères et sœurs de la Communauté s’engagent donc à faire oraison au moins une heure par jour, le plus souvent devant le Saint Sacrement exposé. Ils apprennent, selon une spiritualité inspirée du Carmel, à cheminer à travers les différentes étapes de la vie de prière.

(1) Lumen Gentium 2.
(2) Jérémie 20,9 ; Hébreux 11,29.
(3) Cantique des Cantiques 3,4
(4) I Jn 4,8.
(5) Jean 7,37.
(6) SainteThérèse d’Avila, Le Chemin de la Perfection, ch. 21.
(7) Ibid.