STATUTS de la Communauté des Béatitudes
Le 08 Décembre 2002
En la Solennité de l’Immaculée Conception
de la Bienheureuse Vierge Marie

PREFACE DE FRERE EPHRAÏM
PREAMBULE

1. LA COMMUNAUTE ET SES MEMBRES

2. DROITS ET OBLIGATIONS COMMUNS A TOUS LES MEMBRES

3. COUPLES ET FAMILLES DANS LA COMMUNAUTE

4. CELIBATAIRES CONSACRES

5. LES PRETRES DANS LA COMMUNAUTE

6. LES DIACRES PERMANENTS

7. LA FORMATION

8. STRUCTURE ET GOUVERNEMENT DE LA COMMUNAUTE

9. LES APOSTOLATS

10. L’ADMINISTRATION DES BIENS TEMPORELS

11. AUTRES REALITES LIEES A LA COMMUNAUTE

 
 

 

 

 

Préface


Saint Silouane disait : « Il ne connaît pas l’Esprit Saint celui qui se contente d’une règle. » Cette proposition en appelle une autre : il ne peut recevoir l’Esprit Saint celui qui n’a pas de règle. Le but de la vie chrétienne est bien l’acquisition de l’Esprit qui seul peut nous faire connaître la plénitude de la vie divine. Il est évident que nous donnons notre vie, non pour être l’incarnation de lois et de préceptes, mais pour entrer dans la plénitude de cette Vie. Nous perdons notre vie selon le précepte de l’Evangile pour la sauver, or ce chemin est étroit et plein d’embûches ; nous ne saurions l’emprunter seul, sans guide, sans règle. La règle nous assure d’une communion avec d’autres, elle est comme une promesse de solidarité dans le combat. Son approbation par l’Eglise nous couvre dans le danger, le doute et les hésitations.

D’autre part, le Seigneur nous enseigne cette grande règle de prudence que celui qui s’engage sur une voie pour le Royaume ne peut partir sans viatique, que celui qui construit s’assure de mener à bien sa tâche et pour cela qu’il se pose sur des fondations solides.

Nous ne saurions non plus opposer la règle à l’Esprit, car l’un appelle l’autre, c’est ce que nous enseigne la théologie de saint Paul sur la loi. On ne peut se passer de la loi, or la loi nous condamne, car l’Esprit nous convainc de notre faiblesse. Ne nous faisons pas d’illusion, toutes les règles sont bien faites, et celui qui les suivrait intégralement serait un grand saint : peu d’entre nous seront à la hauteur d’une telle ambition, tous nous serons convaincus de désobéissance. Pourquoi alors se doter d’une loi qui nous accuse de transgressions, pourquoi se fixer un but que nous ne pouvons pas atteindre ? D’abord et surtout pour garantir du grand piège de la vie religieuse, le pélagianisme, qui s’enracine dans l’orgueil, mais aussi pour faire de nous des fils de la miséricorde sans laquelle nous ne saurions prétendre nous doter d’une règle et la suivre. « Impossible précepte », disent nombre d’exégètes du sermon sur la montagne, « mais indispensable Précepteur », pourrions-nous répondre.

Adhérer à une règle ce n’est pas être systématiquement d’accord avec tous ses points, mais c’est accepter que nous avons besoin d’une autorité. A cause de notre manque de sagesse et d’intelligence, nous sommes en situation d’adolescence par rapport au Royaume, âge où l’on rejette l’autorité en même temps que l’on a besoin d’elle pour s’affirmer.

Autorité vient du latin augere qui signifie « faire grandir ». Que les bergers s’en souviennent, eux qui auront à mettre en œuvre cette règle que l’Eglise a approuvée. Qu’ils sachent que, pour grandir, une plante a besoin de chaleur, de lumière et d’un tuteur ! Qu’ils comprennent que toute paternité vient de Dieu, et, comme le dit saint Séraphim aux supérieurs, qu’ils soient des mères pour leurs frères.
Frère Ephraïm
Fondateur de la Communauté des Béatitudes


Préambule


La Communauté des Béatitudes a été fondée par Ephraïm et Josette Croissant et un autre jeune couple, Jean-Marc et Mireille Hammel, en 1973 en France, sous le nom de “ Communauté du Lion de Juda et de l'Agneau Immolé ”.
Elle a reçu sa première reconnaissance de l'autorité ecclésiastique par Monseigneur Coffy, Archevêque d'Albi, qui l'a érigée en Pieuse Union en 1979.
En 1991, la Communauté décida de prendre le nom de “ Communauté des Béatitudes ”, plus facile à porter dans la diversité des cultures où elle s'est implantée, et manifestant son désir d'une plus grande ouverture aux pauvres.
En 1992, Monseigneur Meindre, Archevêque d'Albi, approuva “ad experimentum” des Statuts définissant la Communauté des Béatitudes comme Association privée de fidèles avec personnalité juridique, de droit diocésain. Une nouvelle version de ces Statuts fut approuvée en 1999, toujours « ad experimentum ».
La présente version des Statuts comporte par rapport à cette dernière un certain nombre de modifications consécutives au Chapitre général de janvier 2001 et au dialogue qui s’est engagé entre la Communauté et le Conseil Pontifical pour les Laïcs en vue de la reconnaissance de celle-ci comme Association privée de fidèles internationale.
Deux autres documents complètent les présents Statuts :
- le Livre de Vie, qui décrit la spiritualité de la Communauté,
- le Directoire, constitué du Directoire général qui contient des normes émises par les Assemblées générales et valables pour toute la Communauté, et de Directoires particuliers valables pour un ensemble particulier de maisons et émises par des assemblées particulières, selon les indications du Directoire général.
La Communauté, née des intuitions de son fondateur Ephraïm, considère que l’histoire de sa fondation n’est pas close, et continue à être à l’écoute de son fondateur tant qu’il jouera ce rôle, ainsi qu’aux appels de l’Esprit pouvant se manifester à travers les événements et la voix de l’Eglise. Cela pourra entraîner une évolution des Statuts. Toute modification de ceux-ci devra bien entendu être approuvée par l’Assemblée Générale de la Communauté et par les autorités ecclésiastiques compétentes.

 
 

 

1. La Communauté et ses membres

1.1 NATURE JURIDIQUE
1.2 ESPRIT ET FINALITE
1.3 LES MEMBRES
1.4 INTEGRATION, ENGAGEMENTS, DEPARTS

1.4.1 Dispositions communes à tous les membres
1.4.2 Engagement des couples et familles
1.4.3 Principes à observer dans l'intégration des membres

 

1.1 Nature juridique

1. La Communauté des Béatitudes est une Association de Fidèles privée internationale avec personnalité juridique, approuvée par le Conseil Pontifical pour les laïcs selon les canons 298, 299, 305 et 322 du Code de Droit Canonique.

1.2 Esprit et finalité

2. Elle regroupe des fidèles de toutes conditions, laïcs mariés ou non, clercs, frères et sœurs consacrés dans le célibat, en une unique réalité, image du peuple de Dieu dans son unité et la diversité de ses appels. Ses membres ont en commun le désir d'imiter le plus possible le modèle de la communauté chrétienne primitive par la vie commune, le partage des biens, la pauvreté volontaire, une vie sacramentelle et liturgique intense, dans un attachement étroit à l'Eglise catholique et à ses représentants, ainsi qu'un engagement actif dans le service des pauvres et l'annonce de l'Evangile. L'esprit de la Communauté s'exprime principalement dans le “Livre de Vie”, en particulier dans ce texte qui l'introduit et en donne les traits fondamentaux :
En ces temps qui sont les derniers, le Seigneur envoie son Esprit consolateur pour renouveler son Eglise, afin de parer son Epouse et la convier au banquet des noces de l'Agneau. Il la rajeunit et la renouvelle sans cesse, l'acheminant à l'union parfaite avec son Epoux : l'Esprit et l'Epouse disent en effet au Seigneur : “Viens Seigneur Jésus !” Saisie par cette réalité eschatologique, fascinée par la perfection du monde à venir, la Communauté gémit et soupire avec la création tout entière dans une prière incessante et vigilante ; elle proclame par sa vie, en une annonce implicite et explicite, la réalité du Royaume et l'imminence de son avènement, elle l'anticipe par la vie fraternelle, la vie sacramentelle, l'adoration et la liturgie, laquelle nous fait participer “par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem, à laquelle nous tendons comme des voyageurs” (S.C.8).
Marie, fille de Sion, mère de l'Eglise et notre mère, nous enfante à la contemplation des mystères de son Fils, dans l'adhésion de notre cœur blessé à son cœur transpercé. Elle nous invite à la suivre sur la voie du renoncement à la volonté propre et à l'égoïsme, car “par son obéissance elle est devenue pour elle et pour tout le genre humain cause de salut” (L.G. 56). Porteuse de celui qui porte tout, Marie nous initie aux richesses du Corps eucharistique du Christ, unissant la louange de la terre et l'allégresse de l'Eglise du Ciel, où les saints et les esprits bienheureux chantent sans fin le cantique de l'Agneau.
La vie contemplative est une grâce produisant des fruits qui ne sauraient être gardés pour nous-mêmes : “Tu oins ma tête, et ma coupe déborde” (Ps. 23). La pratique de l'hospitalité et de l'aumône prendra la première place dans notre partage.
Cependant les besoins de l'Eglise et les sollicitations de la grâce peuvent nous pousser à un travail plus apostolique et à une évangélisation plus systématique, exercés bien entendu avec l'accord et sous la vigilance des Evêques.
La vocation de la Communauté n'est autre qu'un appel à être véritable peuple de Dieu aspirant à la vie trinitaire, et comme Thérèse de l'Enfant-Jésus choisissant tout, elle se situe au cœur de l'Eglise pour être l'Amour.

1.3 Les membres

3. La vocation de la Communauté des Béatitudes s'adresse à tous les membres du peuple de Dieu qui en reçoivent l'appel et qui décident de prendre les moyens de vie évangélique que la Communauté propose. Il appartient en effet à son charisme propre de manifester la diversité et la complémentarité des vocations qui constituent l'Eglise. Elle accueillera donc, selon les normes figurant plus loin, des fidèles de toutes les conditions : des personnes mariées avec leurs enfants, des célibataires, parmi lesquels ceux qui en ressentent l'appel pourront se consacrer dans le célibat pour le Royaume par des vœux privés, des prêtres et des frères ayant un appel au sacerdoce, des diacres permanents, mariés ou célibataires.
Chacun s'éprouvera bien entendu selon sa condition de vie : les couples en assumant pleinement les exigences propres au sacrement de mariage et à leur responsabilité de parents, les clercs dans la fidélité à l’engagement lié au sacrement de l’ordre, les célibataires quant à eux, devant témoigner de leur totale disponibilité. L'exigence commune consiste dans la radicalité du choix de vie évangélique et dans la détermination à prendre sa croix pour suivre le Christ.

4. Des prêtres séculiers pourront être admis dans la Communauté s'ils en obtiennent la permission de leur Evêque. Leur situation sera réglée par le droit de l’Eglise et par les présents Statuts, en particulier les normes du chapitre concernant les prêtres (Chapitre 5).

5. Les personnes mariées s’engagent d’un commun accord et en tant que couple au sein de la Communauté.

6. Des personnes faisant partie d'un Institut de vie consacrée ou d'une Société de vie apostolique ne pourront être admises dans la Communauté à moins d'avoir été au préalable déliées de leurs engagements dans cet Institut ou cette Société, selon les normes du droit.

7. Des chrétiens non-catholiques pourront être intégrés à la Communauté, s'ils s'y sentent appelés et partagent pleinement sa spiritualité et son mode de vie. Ils se conformeront aux présents Statuts et aux prescriptions éventuelles du Directoire les concernant, restant sauve la discipline de leur propre Eglise. Ils ne pourront pas recevoir de charge de gouvernement dans la Communauté.

1.4 Intégration, engagements, départs

1.4.1 Dispositions communes à tous les membres


8. La vocation de la Communauté des Béatitudes comporte un appel à se donner totalement au Christ. Tous les membres de la Communauté, quelle que soit leur condition, sont donc appelés (sauf exception prévue par les § 20 et 21) à s'y engager de manière définitive, au terme d'un temps de discernement et de formation comportant différentes étapes, précisées dans les paragraphes qui suivent.

9. La première étape d'intégration à la Communauté d'un membre célibataire ou d'une famille sera le stage. Il consiste en un séjour dans une des maisons de la Communauté au cours duquel le candidat partage sa vie et reçoit une formation de base à l'esprit et à la règle de vie de la Communauté. La durée du stage est d'un an minimum. C'est le “berger” de la maison (§ 153) qui admet quelqu'un comme stagiaire.

10. Tout stagiaire peut librement se retirer de la Communauté. Le berger de la maison, s'il estime que le stagiaire ne s'intègre pas de manière satisfaisante dans la vie de la Communauté, peut mettre fin au stage.

11. Le stage débouche sur une seconde étape d'intégration appelée postulat. Elle a une durée d’au moins deux ans. On y poursuit la formation à la vie de la Communauté, selon le programme du Directoire. C'est le berger de la maison qui admet au postulat, avec l’accord du Conseil de maison (§ 189ss).

12. Tout postulant peut se retirer librement de la Communauté.

13. Un postulant peut être invité à se retirer pour des raisons légitimes : si son comportement est en contradiction avec l'esprit et la règle de la Communauté, si avec le temps il se révèle qu'il n'a pas une véritable vocation ou que son intégration à la Communauté ne se fait pas de manière satisfaisante. Le postulant qui s’estime injustement renvoyé pourra recourir au Modérateur provincial.

14. Au terme du temps de postulat, le candidat (ou le couple) fera un premier engagement, d'une durée de trois ans, et deviendra “engagé temporaire”. Cet engagement se fera au cours d'une célébration liturgique en présence du berger et des membres de la maison, selon un cérémonial défini dans le Directoire, par lequel le candidat s'engage à vivre selon l'esprit et la règle de la Communauté.

15. C'est le berger de la maison qui admet à l'engagement temporaire, avec l’accord du Conseil de maison et du Modérateur provincial (§ 207). Au terme des trois ans, si la personne (ou le couple) ne se considère pas prête ou n'est pas admise à l'engagement définitif, cet engagement temporaire pourra être tacitement prolongé, mais pas au-delà de trois années, sauf cas particulier et avec la permission du Modérateur provincial.

16. Un engagé temporaire qui désire se retirer de la Communauté manifestera son intention au berger de la maison dont il dépend, qui l'invitera à prier et à peser sa décision devant Dieu. S'il persiste dans son intention, il en informera par écrit le Modérateur provincial et quittera la Communauté.

17. Si un engagé temporaire manque de façon grave et répétée à des points essentiels de la règle communautaire, ou s’il s’avère qu’il manque des qualités physiques, psychologiques et spirituelles requises pour pouvoir participer à la vie communautaire, le berger pourra exiger qu’il se retire. Pour une telle décision, le berger doit consulter le Conseil de maison et obtenir le consentement du Modérateur provincial et de son Conseil, et informer par écrit le Modérateur général. La personne qui s’estime injustement renvoyée pourra recourir au Modérateur général.

18. Au terme de l'engagement temporaire, le candidat fera son engagement définitif dans la Communauté. Cet engagement se fera lors d'une célébration liturgique en présence du berger et des frères et sœurs de la maison, selon un rituel défini dans le Directoire, par lequel le candidat s'engage pour toujours à vivre au sein de la Communauté dans la fidélité à son esprit et le respect de sa règle de vie.

19. Une personne ne peut s’engager définitivement dans la Communauté que si elle a choisi son état de vie, autrement dit si elle est mariée ou si elle a opté de manière définitive pour le célibat, selon une des formes de consécration du célibat proposées dans la Communauté.(Voir chapitre 4)

20. Un (ou une) célibataire qui désire faire partie de la Communauté tout en restant ouvert à la possibilité du mariage, au lieu de faire l’engagement définitif à la fin de son engagement temporaire fera un “ engagement permanent ”. Cet engagement sera tacitement reconduit d’année en année, à moins qu’un projet de mariage avec une personne qui ne veut pas cheminer en Communauté l’amène à quitter celle-ci.

21. Une personne mariée séparée de son conjoint prononcera aussi un engagement permanent, de manière à laisser ouverte la possibilité de reprise de la vie commune en dehors de la Communauté.

22. Un frère ou une sœur qui chemine vers la consécration dans le célibat, mais qui n’est pas encore arrivé au moment des vœux perpétuels, fera de même un engagement permanent à l’issue de son temps d’engagement temporaire dans la Communauté. Son engagement communautaire deviendra définitif lorsqu’il prononcera ses vœux perpétuels. (cf § 107)

23. Les droits et devoirs des engagés permanents sont ceux des engagés définitifs, (en particulier possibilité de participer aux réunions et assemblées communautaires et voix active dans les élections) sauf indication contraire des Statuts ou du Directoire. Ils ne sont pas tenus au renoncement à leurs biens dont il est question au § 67, mais peuvent s’ils le choisissent rester au plan économique dans la situation des engagés temporaires.

24. Pour admettre quelqu'un à l'engagement définitif ou permanent, le berger doit avoir l’accord du Conseil de maison ainsi que du Modérateur provincial et de son Conseil.

25. Si un engagé définitif manifeste l'intention de se retirer de la Communauté, le berger l'invitera à mesurer la gravité d'une telle décision, et à prendre le temps de prier et de se faire aider dans le discernement de la volonté du Seigneur sur lui. S'il persiste dans cette décision, il fera par écrit une demande de dispense de son engagement au Modérateur général de la Communauté.

26. Si un engagé définitif ou permanent manque de façon grave et répétée à des points essentiels de la règle communautaire, et ne change pas de comportement malgré plusieurs observations du berger - puis si nécessaire du Modérateur provincial - il pourra être renvoyé de la Communauté. Cette décision relève du Modérateur général avec consentement du Conseil général. Avant que la décision ne soit prise, la personne concernée aura la possibilité si elle le souhaite de se justifier devant le Modérateur Général et son Conseil.

27. Tout membre qui se retire de la Communauté ou en est renvoyé sera entouré de la prière de tous. On veillera à l'aider dans sa réinsertion sociale, y compris par une aide financière si nécessaire, surtout s'il s'agit d'une famille, selon les indications du Directoire. Cependant il ne peut réclamer d'indemnité à la Communauté pour le travail accompli durant son séjour en Communauté, ni réclamer des dons faits à celle-ci s’ils ont été faits en conformité avec les Statuts et avec le droit canonique et civil.

28. Les engagements dont il est question ci-dessus incorporent non seulement à une maison particulière mais à la Communauté dans son ensemble, et restent donc valides si le candidat change de maison.

1.4.2 Engagement des couples et familles

29. On entend par couples et familles communautaires les personnes de la Communauté unies par le sacrement de mariage et leurs enfants. Les règles définies pour les familles de la Communauté s’appliquent aussi aux veufs et veuves avec enfants et aux personnes sans conjoint ayant des enfants à charge. Une famille communautaire est elle-même une petite communauté qui est accueillie et respectée en tant que telle lorsqu’elle répond à l’appel du Seigneur à s’engager au sein de la Communauté des Béatitudes. C’est par l’engagement des parents, qui doit être pris ensemble et d’un commun accord, que la famille est, étape par étape, agrégée à la grande famille qu’est la Communauté.

30. L'intégration d'une famille à la Communauté ne pourra se faire que si elle est vécue paisiblement par les enfants. (cf §90)

31. Les personnes mariées s’engageant d’un commun accord, si une personne mariée veut quitter la Communauté, le conjoint devra consentir à cette décision et quitter lui aussi la Communauté

32. Lorsqu’un frère et une sœur engagés permanents se marient au sein de la Communauté, ils pourront faire des engagements temporaires comme couple immédiatement. Il leur sera donné un minimum d’un an avant de s’engager définitivement comme famille au sein de la Communauté, afin d’approfondir la spécificité de l’identité et de la mission de la famille communautaire. Si le frère et la sœur ne sont pas engagés permanents ou s’ils sont chacun à une étape différente d’intégration, c’est le Modérateur provincial, avec l’accord du berger et du référent provincial pour les familles (§.93), qui déterminera la durée de chaque étape d’intégration, en vue de l’engagement temporaire.

1.4.3 Principes à observer dans l'intégration des membres


33. Avant d'admettre comme stagiaire une personne qui a déjà fait un essai dans une autre maison, lequel s'est révélé négatif, on devra procéder avec prudence et s'informer auprès du berger de la maison en question. De même si un berger doit prendre une décision relative à une étape quelconque d'engagement d'une personne arrivée depuis peu de temps chez lui, il aura soin de prendre l'avis de son berger précédent.

34. Avant d'admettre comme stagiaire une personne qui vient d'une autre communauté, d'un Institut de vie consacrée ou d'une Société de vie apostolique, on s'informera des raisons de son départ et de la régularité canonique de sa situation. On n'admettra un prêtre comme stagiaire qu'avec l'accord de son Evêque ou supérieur ecclésiastique compétent.

35. Il ne faut en aucun cas que la nécessité de pourvoir à certains besoins fasse admettre des personnes qui n'ont pas vraiment la vocation des Béatitudes. On sera exigeant quant à l’authenticité de l’appel, qui doit refléter un vrai désir de se donner totalement à Dieu, sans cependant pratiquer un « élitisme », de manière à accueillir les personnes, même pauvres humainement, qui ont une vraie vocation.

 
 

 

2. Droits et obligations communs à tous les membres
2.1 GENERALITES
2.2 VIE D’UNION A DIEU PAR LA PRIERE
2.3 PIETE MARIALE
2.4 VIE FRATERNELLE ET MIXITE
2.5 OBEISSANCE ET EXERCICE DE L'AUTORITE
2.6 CONFESSION, ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL, RELATION AVEC LE BERGER
2.7 PAUVRETE ET PARTAGE DES BIENS
2.8 CHASTETE
2.9 RESIDENCE DANS LES MAISONS
2.10 TRAVAIL

 

2.1 Généralités

36. Tous les membres de la Communauté, quelle que soit leur condition, s'engagent à vivre selon l'esprit qui est celui de la Communauté et à se conformer aux présents Statuts. Ils tendront donc à vivre la réalité de la primitive Eglise, où les croyants n'avaient qu'un cœur et qu'une âme. A leur exemple, chacun demeurera fidèle à l'enseignement des apôtres et de leurs successeurs, à la communion fraternelle garantie par la pratique de l'obéissance, à la charité envers tous et à l'accueil des pauvres de notre temps, au partage intégral des biens et des ressources et au renoncement à la propriété personnelle, enfin à mener une intense vie de prière dans le désir de hâter la venue en gloire du Seigneur. En retour chaque membre de la Communauté bénéficie de la prière et du soutien fraternel de la Communauté tout entière. Il est pris en charge matériellement, aidé dans son cheminement spirituel, et bénéficie de tous les moyens de formation et d'approfondissement que la Communauté propose selon les besoins de sa condition de vie, de sa fonction dans la Communauté et de son travail, tout ceci selon les présents Statuts.

37. La Communauté sera attentive à respecter pleinement les droits de ses membres, en particulier tous ceux que le Code de Droit Canonique reconnaît aux fidèles.

2.2 Vie d’union à Dieu par la prière

Pratique fidèle de l'oraison

38. Parmi toutes les obligations qui sont celles des membres de la Communauté à cause de leur vocation propre, la plus importante et celle que les bergers auront le plus à cœur de promouvoir, est de mener une vie d’union à Dieu fondée sur la prière communautaire et personnelle ; toutes les autres activités des membres, aussi bien apostoliques que professionnelles, devant trouver dans la prière leur enracinement.

39. Leur premier devoir sera celui d'une vie d'oraison régulière. Ils consacreront une heure chaque jour à cette prière silencieuse dans le face à face avec Dieu, autant que possible devant le Saint-Sacrement exposé. Ils prendront les moyens concrets pour permettre à cette prière d'oraison d'être le lieu d'une authentique croissance spirituelle et d'une rencontre transformante avec Dieu en vue de l'union avec Lui : détermination à persévérer fidèlement, utilisation des moyens de formation à l'oraison que propose la Communauté, ouverture du cœur envers un accompagnateur spirituel. Ils prendront principalement comme maîtres de leur vie d'oraison les saints auxquels l'Eglise a reconnu un charisme particulier dans ce domaine, les saints du Carmel notamment. Les bergers seront attentifs à ce que l'esprit d'oraison soit vivant dans les maisons, et à ce que tous les frères et sœurs aspirent à la vie contemplative et disposent de l'aide nécessaire pour leur croissance personnelle dans la vie d'union à Dieu. On veillera à maintenir dans les maisons un climat de recueillement et à préserver des lieux et des temps de silence permettant de vivre en présence de Dieu. Les horaires des maisons prévoiront des temps suffisants de lectio divina, et la possibilité régulière de temps de désert.

Prière liturgique

40. La prière communautaire et les offices liturgiques seront une des dimensions essentielles de la vie de chaque maison et chacun s'efforcera d'y participer de manière fidèle et fervente, ne s'absentant pas sans motif et sans autorisation des moments de prière communautaire.

41. On soignera la beauté de la liturgie et la qualité du chant, pour que notre culte terrestre, avant-goût et participation à la liturgie céleste, reflète quelque chose de la splendeur de cette louange incessante dont est remplie la Jérusalem d'en-haut. La prière communautaire sera aussi supplication pour l'Eglise et tous les besoins du monde. On y portera en particulier, par des temps de prière nocturne quand cela sera possible, les grands thèmes d'intercession confiés par le Seigneur à la Communauté : prière pour hâter l'avènement du Christ dans sa gloire, pour l'annonce de l'Evangile, pour l'unité de l'Eglise, pour les vocations et pour l’accomplissement des desseins de Dieu à l’égard du peuple d'Israël.

Eucharistie et sacrements

42. Le sommet de cette vie liturgique sera l'Eucharistie, à laquelle on veillera à donner son importance centrale dans la vie de chaque maison et dans l'existence personnelle de chacun.

43. Autant que possible, la participation à l'Eucharistie sera quotidienne. On s'y préparera soigneusement par le recueillement et par une pratique fréquente de la confession. La réception de l'Eucharistie sera toujours suivie d'un temps suffisant d'action de grâce silencieuse. Quand l'Eucharistie sera célébrée dans les maisons de la Communauté, on aura à cœur de donner à cette célébration la solennité requise, en particulier par des attitudes dignes et respectueuses, par la beauté des chants, de la décoration de la chapelle et des objets du culte.

44. La conservation, l'exposition et la déposition du Saint-Sacrement dans les maisons de la Communauté se fera en conformité avec les règles liturgiques en vigueur, avec la permission de l’Ordinaire du lieu et selon ses indications (cf. Can. 934, § 1, 2° et 1226 CIC). On veillera toujours à ce que la manière de faire dans ce domaine témoigne de la part de tous d'un profond amour pour l'Eucharistie et d'une grande vénération pour la sainteté de ce mystère.

45. L'Eucharistie sera célébrée le plus fréquemment possible dans la chapelle de la Communauté. Le dimanche on participera à la messe paroissiale, sauf si une nécessité pastorale impose le contraire.

46. Le sacrement de la Réconciliation sera reçu fréquemment, comme un moyen privilégié de conversion permanente et de purification du cœur.

2.3 Piété mariale

47. La Communauté a, depuis sa fondation, la conviction d'appartenir à la Sainte Vierge. Elle a expérimenté au fil des années combien le Seigneur désire en ces temps répandre son amour miséricordieux par les mains de l'Immaculée. On cultivera donc dans chaque maison l'amour filial envers Marie et la confiance dans sa médiation maternelle. Chacun sera encouragé à se consacrer à la Sainte Trinité par ses mains dans la ligne de la spiritualité mariale de saint Louis-Marie Grignion de Monfort. La prière du chapelet sera à l’honneur dans toutes les maisons.

2.4 Vie fraternelle et mixité

48. Tous les membres de la Communauté s'engagent à favoriser entre eux une authentique vie fraternelle, comme un des dons les plus précieux que leur fait le Seigneur, voulant témoigner ainsi combien est vraie la parole du Psaume 133 : “Voyez qu'il est bon et qu'il est heureux de vivre ensemble en frères !” Ils feront tout ce qui est à leur portée pour n'avoir qu'un seul cœur et qu'une seule âme, portant les fardeaux les uns des autres, s'aimant d'un amour joyeux, simple et pur ; chaque maison de la Communauté devant aspirer à être autour de son berger une vraie famille, à l'image de la Sainte Famille de Nazareth. Ils se soumettront humblement les uns aux autres, personne ne recherchant son intérêt personnel, mais chacun préférant le bien de son frère au sien propre. Face aux difficultés inévitables de la vie en commun, ils ne se replieront pas sur eux-mêmes ni ne rechercheront des solutions seulement humaines, mais ils trouveront dans le pardon et la prière le moyen de surmonter leurs conflits ou incompréhensions, sachant s'agenouiller ensemble devant le Seigneur pour lui demander humblement et avec foi la grâce de pouvoir s'aimer, convaincus que Dieu ne refuse rien à ceux qui se mettent d'accord pour demander ainsi quelque chose en son nom.

49. La mixité au sein des maisons est un don, car elle fait partie du charisme de la Communauté et permet de mettre en lumière la belle complémentarité entre hommes et femmes qui a été voulue par le Créateur. Elle est aussi un défi car elle demande une grande vigilance, particulièrement pour ceux et celles qui choisissent le célibat pour le Royaume des Cieux. Pour que cette mixité soit source d’épanouissement pour les personnes et leur vocation, un certain nombre de conditions sont requises. En particulier on sera attentif à structurer les espaces communautaires avec sagesse et prudence, ainsi qu’à prendre en compte et à respecter les psychologies féminines et masculines dans le partage des tâches et des responsabilités.

50. On entourera de soin et d’affection les frères et sœurs malades, âgés, handicapés, évitant de les marginaliser et de les faire se sentir inutiles. On les considérera comme la présence du Christ souffrant au milieu de nous et la part la plus précieuse et la plus féconde du corps communautaire.

2.5 Obéissance et exercice de l'autorité

51. Tout membre de la Communauté s'engage à vivre, par amour de Jésus qui n'avait pas d'autre volonté que celle de son Père, et pour se libérer de sa volonté propre afin d'entrer dans une totale docilité au Saint-Esprit, une obéissance humble et confiante envers les responsables qui sont légitimement les siens dans la Communauté, particulièrement le berger de la maison dont il fait partie. Par cette promesse d’obéissance, il choisit librement d’adhérer à ce qui lui sera prescrit et qui sera conforme à la loi de l’Eglise et aux présents Statuts. Cet esprit de soumission filiale imprégnera aussi les relations avec l'Eglise, principalement avec le Saint-Père et les Evêques. Pour vivre cette obéissance comme une grâce, on sera animé d'un véritable esprit de foi en Dieu, qui fait tout concourir au bien de ceux qui renoncent à eux-mêmes pour s'abandonner entièrement à Lui.

52. Les frères et sœurs s'ouvriront avec simplicité, liberté et confiance de leurs éventuelles difficultés à accomplir ce qui leur aura été demandé, évitant cependant tout esprit de critique négative et de contestation, afin d’établir avec leurs responsables un vrai dialogue permettant de mieux discerner la volonté du Seigneur.

53. Les responsables de tout niveau, et particulièrement les bergers, exerceront leur autorité dans la crainte de Dieu. Ils veilleront soigneusement à se libérer de tout esprit de domination et de recherche de leur intérêt personnel, n'ayant en vue que l'accomplissement de la volonté de Dieu, la fidélité de la Communauté à sa vocation propre et le bien spirituel des frères et sœurs qu'ils aimeront d'un amour attentif et paternel. Ils se souviendront sans cesse de la parole de l’Evangile : « que le plus grand parmi vous se fasse le serviteur de tous. » Ils tendront à agir sans motifs humains, sans chercher à s'attacher l'affection des frères et sœurs, ni à plaire à qui que ce soit, sans faire acception de personne, n'ayant en vue que la gloire de Dieu et le vrai bien des âmes. Ils exerceront leur autorité avec douceur et bienveillance, cherchant à favoriser un climat de confiance mutuelle et de coopération, dans la recherche commune de la volonté de Dieu avec ceux dont ils ont la charge. Ils feront en sorte que les frères et sœurs se sentent toujours libres de s'ouvrir de leurs difficultés et de présenter avec simplicité leurs suggestions, qu’ils reçoivent toutes les informations qu’ils sont en droit de recevoir, et qu’ils soient associés de manière légitime aux prises de décision qui les concernent. Il seront attentifs aussi à ce que l’exercice de l’autorité ne soit pas infantilisant pour les frères et sœurs, mais les responsabilise au maximum et leur permette d’accéder à une vraie liberté et autonomie intérieure.

54. Pour les familles, la manière d’exercer l’autorité et de vivre l’obéissance sera toujours respectueuse de l’unité du couple, du bien des enfants, de l’autorité naturelle des parents vis-à-vis des enfants, de la juste autonomie interne de la famille, et tendra à valoriser le rôle du père et de la mère de famille (Cf §88).

55. Les responsables seront attentifs à respecter la liberté qu'ont les frères et sœurs de s'ouvrir aux Visiteurs (§ 195ss) et aux responsables de plus haut niveau s'ils le désirent, ainsi qu'à l'autorité ecclésiastique si nécessaire.

56. Lorsqu'il est de la compétence d'un Conseil ou d'une Assemblée quelconque de prendre des décisions, cela se fera toujours dans un climat de prière, d'écoute du Saint-Esprit, dans un désir d'unanimité, mais aussi dans un climat de liberté d'expression et d'attention respectueuse du point de vue de chacun.

57. Dans les différentes instances de gouvernement (Conseil de maison, Conseil provincial, Conseil général et autres), on sera extrêmement vigilant, quand on examine des situations de personnes, à garder une grande discrétion, à ne pas révéler des choses manifestées confidentiellement, et à ne partager que le strict nécessaire en vue des décisions à prendre, de sorte que soit toujours garanti aux membres de la Communauté le climat de respect des personnes et de confidentialité qui leur permettra de s'ouvrir sans crainte et avec confiance à leurs accompagnateurs et à leurs responsables.

2.6 Confession, accompagnement spirituel, relation avec le berger


58. On veillera à ce que dans chacune des maisons de la Communauté les frères et sœurs aient la possibilité de se confesser avec une fréquence et une régularité suffisantes, auprès de confesseurs qui comprennent la vocation de la Communauté et qui aient une connaissance des voies spirituelles. On veillera à ce que, si nécessaire, ils puissent recourir à d'autres confesseurs que le ou les confesseurs ordinaires de la maison. On respectera leur liberté dans le choix du confesseur.

59. Le berger d'une maison, s'il est aussi prêtre, ne sera pas le confesseur ordinaire des frères et sœurs de sa maison. Il ne pourra les confesser qu’en cas de nécessité exceptionnelle.

60 On distinguera soigneusement dans la Communauté les rôles de gouvernement des rôles d’accompagnement spirituel, de sorte que soient bien distingués le for interne et le for externe, et qu’une même personne n’assume qu’exceptionnellement les deux rôles à l’égard d’un frère ou d’une sœur.

61. Durant leur temps de formation, les membres de la Communauté, en vue d'être aidés à bien discerner leur appel et à entrer dans la vocation spécifique de celle-ci, seront accompagnés spirituellement par des personnes de la Communauté à qui cette tâche a été confiée parce qu'elles ont la maturité, la formation et l'expérience nécessaires. Après l’engagement définitif ou permanent, on accordera à chacun une totale liberté de choisir son accompagnateur spirituel.

62. Tout membre de la Communauté s'efforcera d'établir avec son berger une relation de confiance filiale, simple et ouverte, pour que la grâce qui repose normalement sur le ministère du berger puisse se déployer au bénéfice de ses frères et sœurs. Cela permettra que l'exercice de son autorité soit fondé sur le dialogue et la confiance réciproque, et que le berger soit suffisamment au courant de ce que vit une personne dans son cheminement spirituel, pour permettre une bonne intégration dans la vie de la maison, et éviter par exemple de lui imposer des tâches qu'elle ne pourrait pas assumer à cause de ce qu'elle vit intérieurement.

2.7 Pauvreté et partage des biens

Principes

63. Par leur engagement de pauvreté, tous les membres de la Communauté choisissent librement de ne plus rien avoir en propriété personnelle, mettant tout en commun à l'exemple de la Communauté chrétienne primitive. Ils veulent être libres de tout attachement aux biens de ce monde, afin que Dieu seul soit leur richesse et leur espérance. Tout en s’efforçant de subvenir à leurs besoins par leur travail, ils veulent vivre un abandon confiant à la Providence, cherchant avant tout le Royaume de Dieu, dans la certitude que le reste leur sera donné par surcroît par leur Père du Ciel qui connaît les besoins de ses enfants et y pourvoit avec fidélité. Ils choisissent un style de vie qui se démarque clairement de celui du monde par sa simplicité et sa sobriété, et acceptent volontiers les privations qu'impliquent leur vocation ou les circonstances. Ils veulent non seulement renoncer à leurs richesses personnelles, mais aussi, qu’ils soient venus avec peu ou avec beaucoup, éviter tout usage égoïste des biens mis à leur disposition dans la Communauté et maintenir cet esprit de pauvreté comme une constante tout au long de leur vie communautaire.

Modalités concrètes d'application

64. Les stagiaires et postulants (§ 9 et 11) gardent l'entière propriété de leurs biens et la libre gestion de leurs revenus éventuels. On leur demande seulement de se conformer au mode de vie de la Communauté, et de ne pas faire peser sur elle les dépenses qu'ils peuvent prendre en charge, tout cela dans un rapport de vérité et de sincérité avec le berger. La Communauté n'acceptera pas le don de sommes d’argent ou de biens de valeur importante de leur part, selon les indications du Directoire, de manière à garder sa pleine liberté vis-à-vis d'eux, et à éviter des imprudences et excès dans le renoncement aux biens.

65. Le berger d'une maison n'acceptera comme stagiaires des personnes ayant des dettes importantes qu'avec la permission du Modérateur général.

66. A partir de l'engagement temporaire (§ 14), tout membre de la Communauté sera tenu de vivre le partage des biens selon les modalités suivantes :
- il sera pris en charge par la Communauté pour ses besoins légitimes, selon des modalités précisées dans le Directoire et qui pourront varier d'un pays à l'autre. (Cf. § 248)
- il verse normalement à la caisse commune de la maison ses revenus (salaires, retraites, pensions, allocations, assurances), et les dons qu’il reçoit. Il ne peut en disposer pour un usage personnel qu'avec la permission de son berger.
- il gardera la propriété de ses biens patrimoniaux ou de ceux qu'il peut recevoir par héritage ou autrement, mais dans la mesure du possible en confiera la gestion à une personne de son choix. Si cela est impossible ou non souhaitable, il en gardera la gestion. Il décide librement qui dispose de leur usage et usufruit, mais dans la clarté et la vérité à l'égard de son berger.
- la Communauté n'acceptera pas de donation importante en sa faveur de la part d'un engagé temporaire.

67. Au moment de l'engagement définitif (§18ss), tout membre de la Communauté devra se dépouiller totalement des biens qu'il peut encore avoir en propriété personnelle, dépouillement qui doit être valide en droit civil. Il pourra faire ce renoncement en faveur de la Communauté ou de l'un de ses apostolats. Il sera libre aussi de le faire en faveur d'une autre personne physique ou morale, après avoir informé son berger et lui avoir demandé son avis, et à condition que cela ne lèse personne, ne soit pas un moyen déguisé de s'assurer une possibilité de retour en arrière et privilégie les véritables nécessités. Il en sera de même pour tous les biens patrimoniaux qui pourront lui advenir en propriété par la suite, par héritage ou autre moyen.

68. S’il s’agit de personnes mariées, tout renoncement à des biens devra être conforme à la législation de chaque pays protégeant les droits des enfants en cas de donation. En tout état de cause, au moins 75% de la valeur des biens auxquels il est renoncé sera réservée aux enfants actuels ou à venir, selon les normes du Directoire. Dans le cas d’un couple sans enfants, qui n’a plus la possibilité d’en avoir ou d’en adopter, on agira comme dans le cas des célibataires.

69. Dans le mode de vie des maisons de la Communauté, on évitera tout ce qui respire le luxe ou l'esprit du monde. On cherchera la simplicité dans l'aménagement des maisons, la nourriture, les loisirs, l’habillement, de manière à ce que les pauvres se sentent à l'aise au milieu de nous.

2.8 Chasteté

70. Tous les membres de la Communauté s'engagent à vivre la forme de chasteté qui correspond à leur appel et leur condition de vie, selon la doctrine de l'Eglise relative au célibat consacré pour le Royaume, au sacrement de mariage et à la chasteté conjugale.

71. Dans le mode de vie, les lectures, les loisirs, la disposition des lieux d'habitation, le vêtement, l'utilisation des moyens de communication comme la télévision, on évitera tout ce qui peut troubler les sens et mettre en péril la chasteté. On se gardera des curiosités vaines, des préoccupations étrangères à notre vocation, des bavardages superficiels et inutiles, de la négligence dans les attitudes, de l'agitation et du bruit, des jugements, gardant son cœur chaste et libre de tout ce qui pourrait distraire d’une communion intime avec Celui qui est l'Epoux de nos âmes.

72. Dans le domaine de l'affectivité chacun, quelle que soit sa condition de vie, acceptera les pauvretés et les renoncements que lui imposent la fidélité à sa vocation ou les circonstances de la vie. Il y verra l'occasion d'apprendre à aimer d'un amour pur et désintéressé, selon l'enseignement de l'Evangile, et de privilégier dans son affection le Seigneur, qui nous appelle à l'aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces, et “ceux qui ne peuvent rien nous rendre en retour” (Lc 14, 14).

73. Les célibataires consacrés, après le temps de maturation requis, s'engageront par vœux privés à vivre dans la continence parfaite pour le Royaume, offrant leur corps et leur cœur en sacrifice de louange à Dieu (§ 95).

74. Les personnes mariées s'efforceront de conformer leur vie de couple à l'enseignement de l'Eglise. Elles laisseront l'Esprit Saint pénétrer et illuminer totalement leurs relations conjugales et affectives, de manière à en faire l'expression d'un véritable don des personnes l'une à l'autre et à Dieu.

75. Ceux qui n'ont pas encore choisi entre le mariage et le célibat se garderont, par la continence et la pureté, en réserve pour le don auquel Dieu les appellera.

2.9 Résidence dans les maisons

76. Tous les membres de la Communauté sont normalement rattachés à une maison où ils résident, sous l'autorité du berger de cette maison.

77. Pour passer de manière stable dans une autre maison, il faut l'autorisation des deux bergers et des Modérateurs provinciaux concernés. On informera le Modérateur général de tout changement de maison.

78. Un membre célibataire de la Communauté ne pourra vivre en dehors d'une maison de la Communauté que pour des raisons valables (études, nécessité de famille, apostolat, problèmes de santé, temps sabbatique), et avec la permission du berger. Pour résider plus de trois mois consécutifs hors d'une maison, il faut aussi l'autorisation écrite du Modérateur provincial. Qui vit hors communauté cherchera le plus possible à maintenir un rythme de prière et d'oraison correspondant à sa vocation communautaire. Il sera relié soit à son berger soit directement au Modérateur provincial, qui veillera à sa situation au plan spirituel et matériel, et maintiendra avec lui un contact régulier.

79. Les nécessités propres à la croissance d’une famille ou d’un de ses membres peuvent amener celle-ci à vivre exceptionnellement et pour un temps déterminé éloignée géographiquement de la maison à laquelle elle appartient. Un contrat précisera, avec le berger de la maison, les exigences auxquelles s’engagent les époux pour persévérer dans la radicalité de leur appel, et les moyens fixés pour que les frères et sœurs les soutiennent et les accompagnent.

80. Tous les membres de la Communauté pourront bénéficier de séjours en dehors des maisons pour le repos et la détente, des contacts avec leur famille, ainsi que de retraites spirituelles, adaptées aux exigences de chaque condition de vie, selon les indications du Directoire.

2.10 Travail

81. Chaque membre de la Communauté consacrera au travail le temps qui lui est imparti dans l’horaire de la maison. Le travail de chacun sera déterminé après dialogue avec l’intéressé par le berger et le Conseil de maison, en fonction de ses aptitudes et des nécessités de la maison, de la Province ou de l’ensemble de la Communauté. Que ce soit une tâche à l’intérieur ou à l’extérieur de la Communauté, un travail matériel ou une activité apostolique ou caritative, le frère ou la sœur assumera le travail qui lui sera confié avec un esprit de responsabilité et de générosité dans le don de soi, mettant de bon cœur ses capacités au service du Seigneur et de ses frères et sœurs.

82. En ce qui concerne les pères et mères de famille, dans le dialogue entre eux et le berger qui précèdera toute décision relative au travail ou à une responsabilité confiée, on cherchera un consensus qui prenne en compte les besoins de la maison, ceux des personnes concernées ainsi que des conséquences de ces décisions pour les enfants. On aura le souci qu’à travers ce que la Communauté confie comme tâche à chacun des parents, ceux-ci soient valorisés aux yeux de leurs enfants.

83. Dans le choix des tâches et l’organisation du travail, on incitera à une exigence de responsabilité et d'esprit d'initiative, et on prendra en considération l'épanouissement spirituel et humain de chaque frère et sœur, privilégiant les critères spirituels en harmonie avec la vocation contemplative et apostolique de la Communauté, évitant la passion, l'inquiétude, la recherche excessive du rendement et du profit, ou encore une hyperactivité qui mettrait en second plan la vie de prière.

 
 

3. Couples et familles dans la Communauté
3.1 VOCATION DE LA FAMILLE DANS LA COMMUNAUTE
3.2 SPECIFICITE DU RYTHME DE VIE, DE LA PRIERE, DE LA PAUVRETE ET DE L’OBEISSANCE POUR LES FAMILLES
3.3 LES ENFANTS AU SEIN DE LA COMMUNAUTE
3.4 FORMATION ET SUIVI DES FAMILLES

 

3.1 Vocation de la famille dans la Communauté

84. La Communauté, fondée par des personnes mariées, considère la communion des états de vie comme une dimension essentielle de son charisme, donc de son identité et de sa mission. Cela implique la présence des familles en son sein.
Celles-ci accomplissent leur vocation propre de couple et de famille selon une voie particulière, caractérisée par le désir d’anticiper la venue du Seigneur, par un élan de radicalité évangélique et d’union à Dieu dans la prière, et par une vie commune.
Répondant à l’appel de tout quitter pour suivre le Christ, elles s’engagent dans une vie communautaire au service d’une mission de prière, d’évangélisation et de compassion dans la Communauté. Elles aspirent à devenir ainsi des familles témoins de la transfiguration de l’amour humain par la grâce du sacrement de mariage, signes d’espérance pour l’Eglise et le monde. Elles complètent le témoignage donné par les frères et sœurs qui consacrent leur célibat pour le Royaume et y renvoient. Pour cela, elles veulent constituer de véritables foyers de prière et d’amour à l’intérieur desquels la communion des personnes anticipe la pleine participation à l’amour trinitaire qui sera vécue dans le Royaume. Exerçant une paternité et une maternité responsables, elles sont ouvertes au don de la vie et considèrent l’accueil et l’éducation des enfants comme une manière privilégiée de servir l’Eglise. Vivant avec des frères et sœurs de conditions de vie différentes, elles veulent manifester largement la vocation de la famille à ne pas être close sur elle-même, mais à se réaliser dans le don de soi et dans l’accueil de l’autre. Elles désirent être instrument de la nouvelle évangélisation par le témoignage propre de leur vie et par leur participation à la mission apostolique de l’Eglise au sein de la Communauté.

3.2 Spécificité du rythme de vie, de la prière, de la pauvreté et de l’obéissance pour les familles

85. Les couples se souviendront qu’ils se sont engagés librement à se conformer à la règle communautaire, en particulier dans le domaine de la prière, de la pauvreté et de l’obéissance, et que leur style de vie doit se démarquer nettement de celui du monde. On tiendra cependant compte avec souplesse et sagesse de la situation particulière de chaque famille, de l'âge des enfants notamment, de sorte que la mise en application des exigences propres à la vocation communautaire ne se fasse pas au détriment de la vie conjugale et familiale, mais favorise l'épanouissement de celle-ci.

86. En particulier l'organisation de la vie de prière et des autres aspects de la vie communautaire assurera la possibilité aux parents d'être présents à leurs enfants aux moments où ceux-ci ont légitimement besoin d'eux. Des temps et des espaces quotidiens suffisants seront prévus dans le rythme des journées, dans l'aménagement des maisons pour des moments d'intimité conjugale, de présence aux enfants. Les familles prendront habituellement au moins chaque jour un repas chez elles. Elles se réuniront régulièrement dans le lieu de prière familial pour des temps de prière ensemble. Quel que soit le contexte culturel, chaque famille doit disposer d’un espace familial qui permette de préserver une intimité du couple et de la famille, de favoriser une vie de couple selon la vision chrétienne du mariage, d’éviter toute forme de promiscuité, de favoriser l’éducation des enfants de la part des parents. Il doit aussi être adapté à la mission éventuelle confiée à la famille. On favorisera dans une juste mesure les relations des familles communautaires avec des familles vivant dans le monde. On intégrera dans la formation de tous des éléments de pédagogie, pour une approche respectueuse des enfants.

87. L’exercice de l’autorité vis-à-vis d’une famille sera adapté de manière à permettre aux parents d’exercer leur pleine responsabilité au sein de la famille, en vue de son unité et du bien des enfants. C’est d’un commun accord que les deux membres du couple vivent leur soumission à la Communauté. Ils pratiqueront la soumission aux responsables dans la recherche avec eux de la volonté de Dieu par le dialogue et la mise en place de contrats définissant la relation de la famille avec la maison à laquelle elle appartient, dans les domaines de la vie économique, des tâches et responsabilités assumées par le couple et de la formation. En cas de difficulté, on fera appel à la médiation du Référent provincial pour les familles (§93), éventuellement au Modérateur provincial et exceptionnellement au Modérateur Général.

88. La manière de vivre la pauvreté sera respectueuse des droits des enfants (cf § 68). Pour cela, chaque famille bénéficiera d’une juste autonomie quant à son fonctionnement interne sur le plan matériel. Les responsables de la famille sont les parents. Ceux-ci se sont cependant engagés au sein d’une communauté de vie : ils veilleront donc à vivre leur autonomie dans un esprit de mise en commun des biens et ressources et de partage avec ceux qui ont moins. Ils organiseront leur vie économique en transparence avec leur berger, lui présentant régulièrement leur cahier de comptes, leur budget prévisionnel et les dépenses importantes qu’ils prévoient dans un esprit d’obéissance responsable. Cela suppose d’engager avec les responsables (berger, ou si nécessaire Modérateur provincial ou général) un dialogue où ces derniers accueillent avec bienveillance les propositions faites dans le souci du bien des membres de la famille et de la responsabilisation des parents. Cependant, ces propositions doivent tenir compte avec réalisme de ce qui est possible tant pour la famille que pour la maison à laquelle elle appartient et la Communauté, le dialogue se poursuivant jusqu’à ce qu’un consensus positif soit trouvé. Si, en ce qui concerne des questions matérielles importantes découlant d’options prises par la famille (pour la mission, l’éducation des enfants, la formation, la santé...) les parents ne peuvent pas en conscience adhérer à ce qui leur est proposé ou demandé par les responsables de la Communauté, la famille sera autorisée à agir selon ses convictions mais devra assumer ses choix. La Communauté déterminera alors librement quelle participation juste elle peut apporter au budget de la famille en question sans léser les autres familles et membres de la Communauté.

3.3 Les enfants au sein de la Communauté

89. La Communauté aura à cœur de permettre aux familles de donner aux enfants ce qui correspond à leurs besoins légitimes, en fonction du contexte culturel et du niveau de vie du pays, selon les indications du Directoire. Cela sera vécu avec sagesse et modération, sans tomber dans une préoccupation exagérée, contraire à un esprit évangélique de simplicité et d'abandon à Dieu.

90. Les enfants ont pleinement leur place dans la Communauté. Lorsqu’ils atteignent l’âge de la majorité ils sont libres de disposer de leur avenir. La Communauté les respectera dans leur liberté de choix et fera tout son possible pour les aider à réaliser leur vocation propre.

91. De leur côté, les parents veilleront à exercer pleinement leur responsabilité commune en ce qui concerne leur vie conjugale et leur vie familiale. S'ils sont en droit d'attendre dans ce domaine le soutien et l'aide de la Communauté, ils ne doivent cependant pas se décharger sur cette dernière, ni de leur responsabilité l'un vis-à-vis de l'autre en tant qu'époux, ni de leurs devoirs éducatifs envers les enfants, ni de leur responsabilité de pourvoir par leur travail aux besoins matériels de la Communauté. Ils exerceront une paternité responsable, tenant compte de leur situation concrète et des engagements qui sont les leurs en tant que membres de la Communauté dans leurs décisions relatives à la vie familiale.

3.4 Formation et suivi des familles

92. On aura soin de donner aux fiancés et aux couples un enseignement conforme à celui de l'Eglise sur la conception chrétienne du mariage et de la vie conjugale, l'éducation, la vocation de la famille dans la Communauté. Les couples s’efforceront de participer annuellement à une retraite destinée aux familles.

93. Dans chaque province (ou chaque région linguistique, au jugement du Modérateur provincial), il y aura un couple référent pour les familles, nommé par le Modérateur provincial et son conseil après consultation des familles de la province. Il sera à l’écoute des besoins des familles de la province, il veillera au respect des conditions de vie spirituelle et matérielle des familles, sera attentif à promouvoir une formation adaptée aux familles, et des temps de retraite et de rencontre pour les familles.

94. Le Modérateur Général avec accord de son Conseil nommera un couple référent général pour les familles, qui coordonnera le travail des référents provinciaux, et fera le lien entre eux et le gouvernement général.

 
 

 

4. Célibataires consacrés
4.1 CONSECRATION DU CELIBAT AU SEIN DE LA COMMUNAUTE
4.2 ETAPES DE LA CONSECRATION

 

4.1 Consécration du célibat au sein de la Communauté

95. Au sein de la Communauté, des frères et sœurs célibataires peuvent recevoir de l'Esprit Saint l'appel à se consacrer plus spécialement au Seigneur et à son Royaume par la profession des conseils évangéliques. Après le temps de discernement et de formation nécessaire, ils s'engageront par vœux privés (cf cc.1191, 1192) temporaires, puis perpétuels, à observer selon les présents Statuts les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance. Ils embrasseront ainsi de manière plus étroite la forme de vie qui a été celle du Christ en ce monde, seront un signe de la prééminence du Royaume qui vient sur toute réalité présente, et manifesteront visiblement la vocation de tout chrétien à se laisser épouser par Dieu selon la parole d'Isaïe : “Ton Créateur t’épousera” (Is. 62, 5). Par les renoncements qu'impliquent les vœux, ils prendront leur croix à la suite du Christ pour tendre encore davantage à la plénitude de l'amour de Dieu et de la charité envers le prochain.

96. L'objet du vœu de pauvreté est la forme de pauvreté définie dans les présents Statuts (§ 63 à 69). Il oblige notamment à n'user de biens quelconques qu'en accord avec les responsables de la Communauté et, après l'engagement définitif, à pratiquer la mise en commun totale des biens et ressources et le renoncement à toute propriété personnelle. Il oblige aussi à un usage sans attachement ni égoïsme des biens communautaires.

97. L'objet du vœu d'obéissance est, selon ce qui est défini aux § 51 à 57, de faire à Dieu le sacrifice de sa volonté propre en s'engageant à obéir aux responsables légitimes de la Communauté pour tout ce qui se rapporte à la vie de la Communauté, telle qu'elle est décrite dans les présents Statuts.

98. L'objet du vœu de chasteté est le célibat vécu dans la continence parfaite pour le Royaume des Cieux, assumé volontairement comme don total à Dieu de son cœur et de son corps. Il engage à une intimité particulière avec le Christ dans la prière, à la garde du cœur de toute affection contraire à l'amour de Dieu, à une vigilance fidèle sur les sens et le regard, afin que rien ne puisse altérer la communion d'amour avec l'Epoux, à une grande disponibilité de cœur envers le prochain pour aimer chacun de l'amour même de Jésus.

99. Outre la consécration par les trois vœux définie ci-dessus, il y aura aussi dans la Communauté pour ceux qui en ressentent l’appel, une autre forme de consécration du célibat, appelée “ consécration Nazareth ”. Elle correspond à un désir d’une vie cachée dans un lien privilégié avec le Christ pauvre au milieu des pauvres. Les frères et sœurs appelés à la consécration Nazareth ne porteront pas d’habit spécifique comme ceux dont il est question ci-dessus, mais la tenue communautaire normale. Ils prononceront seulement le vœu de chasteté dans le célibat pour le Royaume ; leurs engagements de pauvreté et d’obéissance étant ceux qui découlent de leur engagement communautaire. Les normes qui suivent leur sont applicables, en adaptant ce qui doit l’être, selon les indications du Directoire.

100. Les frères et sœurs pourront vivre leur vie consacrée soit au sein de maisons où résident d'autres frères et sœurs célibataires ou mariés, soit dans des maisons ne comportant que des célibataires du même sexe, avec une vocation contemplative plus marquée. On permettra aussi, après le nécessaire discernement, une vie en solitude pour ceux qui y sont appelés. Dans les maisons mixtes, les lieux d’habitation personnelle des frères et des sœurs seront bien séparés.

101. Libres des responsabilités familiales, les célibataires consacrés dédieront davantage de temps à la prière, à la veille, à la lecture spirituelle, au service du prochain, et ils se sentiront particulièrement responsables de stimuler par leur ferveur la Communauté tout entière à vivre sa vocation de consécration totale à Dieu et d'attente vigilante du Royaume qui vient.

102. Les bergers et autres responsables veilleront à ce que les frères et sœurs consacrés aient, avant et pendant les vœux temporaires, une véritable formation à la vie consacrée, conforme à l'enseignement de l'Eglise, et selon les normes du Directoire. On sera attentif à leur donner les moyens effectifs de s'épanouir dans leur consécration : temps suffisant d'intimité avec le Seigneur dans la prière, silence, temps de désert, de lectio divina, nourriture spirituelle adaptée, possibilité de recourir à l'aide et au conseil de frères ou sœurs engagés dans la même condition de vie. Ils feront chaque année une retraite en silence d'une semaine.

103 Dans chaque province, il y aura au moins un frère référent pour les frères consacrés et une sœur référente pour les sœurs consacrées. Ils sont désignés après consultation des frères ou sœurs consacrés de la province par le Modérateur provincial avec accord de son Conseil. En lien avec les bergers, ils veillent à ce que soient bien discernés les appels et que les futurs consacrés reçoivent la formation nécessaire selon les dispositions du Directoire, veillent à l’équilibre de vie des consacrés et au respect de leur vocation propre et des normes des Statuts les concernant . Ils sont un recours possible pour les consacrés qui vivent des moments difficiles et qui peuvent contacter leur référent en toute liberté Ils peuvent s’opposer à l’admission aux vœux temporaires s’ils jugent que le processus de discernement et de formation prévu par le Directoire n’a pas été respecté.

104 Il y aura dans le Conseil Général un frère et une sœurs consacrés qui joueront le rôle de référents généraux. Ils portent au niveau général le souci des frères et sœurs consacrés, coordonnent le travail des référents provinciaux en lien avec le gouvernement général. Ils peuvent s’opposer à l’admission aux vœux définitifs s’ils jugent que le processus de discernement et de formation prévu par le Directoire n’a pas été respecté.

4.2 Etapes de la consécration

105. Un frère ou une sœur ne pourra prononcer les premiers vœux privés que s'il est engagé temporaire depuis au moins six mois et s’il a trois ans et demi de vie communautaire. Il faut impérativement qu'il ait suivi la formation préalable aux premiers vœux, selon les normes du Directoire, et participé à une retraite de discernement organisée par la Communauté. Il sera admis à ces vœux par le berger de sa maison, avec l’accord du Conseil de maison et du Modérateur provincial.

106. Les premiers vœux sont prononcés pour une durée d'un an, selon les modalités prévues par le Directoire. Ils seront renouvelés pour une autre année à leur échéance selon une modalité simplifiée, à moins que le candidat ou la candidate ait manifesté l'intention de ne pas les renouveler, ou qu'il n'ait pas été admis à le faire.

107. Au bout de trois ans minimum, le candidat pourra prononcer les vœux perpétuels selon la modalité prévue par le Directoire.

108. L'admission aux vœux perpétuels est faite par le Modérateur provincial, sur présentation du berger avec l'accord du Conseil de maison et le consentement du Conseil provincial. Si le candidat a changé récemment de maison, on prendra soin de consulter ses responsables précédents. On vérifiera soigneusement l'authenticité des motivations du candidat, la maturité humaine et spirituelle de son choix et l'absolue liberté de sa décision. Une formation préalable aux vœux définitifs sera donnée, selon les normes du Directoire.

109. L'âge minimum requis pour les vœux est de vingt et un ans accomplis pour les vœux temporaires, et vingt-quatre ans accomplis pour les vœux perpétuels.

110. Qui a fait des vœux temporaires et désire en être relevé avant leur échéance fera au Modérateur provincial une déclaration écrite de son désir de dispense de ses vœux, et s’adressera à une personne qui peut le dispenser de ses vœux selon le canon 1196 du Code de Droit Canonique (Ordinaire du Lieu, curé, ou personne ayant reçu de l’évêque une délégation pour accorder cette dispense). La personne relevée de ses vœux temporaires peut rester dans la Communauté.

111. Un consacré temporaire qui présente des signes d'immaturité dans son choix ou de manque de liberté ou de véritables motivations, ou pour d'autres raisons graves et légitimes, ne sera pas admis à renouveler ses vœux. Cette décision relève du Modérateur provincial avec l'accord de son Conseil et du berger du candidat.

112. Qui a prononcé les vœux définitifs et veut en être relevé en fera la déclaration écrite au Modérateur général. Il ne fera cette demande que pour de graves raisons, et sera auparavant invité à peser sa décision devant Dieu et à se faire aider dans le discernement de ses motivations. Il demandera la dispense de ses vœux à une personne habilitée par le droit, comme ci-dessus (§110).

113. Un profès perpétuel qui demande à être délié de ses vœux ne pourra rester dans la Communauté qu'avec le consentement du Modérateur général et de son Conseil.

114. Tout consacré renvoyé de la Communauté selon les présents Statuts (§ 17 et 26) devra aussi demander la dispense de ses vœux, selon le droit.

 
 

 

5. Les prêtres dans la Communauté
5.1 GENERALITES
5.2 INCARDINATION
5.3 LE RESPONSABLE DES PRETRES
5.4 MINISTERE ET VIE
5.5 FORMATION DES SEMINARISTES
5.6 FORMATION PERMANENTE DES PRETRES
5.7 DEPART D’UN PRETRE DE LA COMMUNAUTE

 

5.1 Généralités

115. Parmi les frères célibataires consacrés de la Communauté, certains peuvent être appelés au ministère sacerdotal par lequel, configurés au Christ, Prêtre souverain et éternel, associés au sacerdoce des Evêques, ils sont consacrés prêtres de la Nouvelle Alliance, pour annoncer l’Evangile, pour être les pasteurs du peuple de Dieu et pour célébrer la liturgie, surtout en offrant le sacrifice du Seigneur.

116. Les prêtres des Béatitudes exercent le ministère sacerdotal sous la conduite des Evêques et au service du peuple de Dieu, tout en étant pleinement membres de la Communauté. Leur ministère sera ainsi enraciné dans sa spiritualité et dans sa grâce contemplative, et vécu dans une communion profonde de vie, de prière, de collaboration apostolique avec les autres membres des Béatitudes : laïcs célibataires ou mariés, frères et sœurs engagés dans le célibat consacré, diacres permanents. Ils vivront dans des maisons de la Communauté selon les présents Statuts, partageant la vie matérielle et spirituelle des frères et sœurs de ces maisons, se conformant à la règle de vie, bénéficiant de leur soutien fraternel et de leur collaboration dans l'apostolat, et mettant à leur service leur grâce sacerdotale.

117. Leur vocation comporte aussi la disponibilité à répondre aux appels de l'Esprit-Saint et à se rendre en tout lieu du monde où, insérés dans la vie d’une maison de la Communauté, en communion avec l'Eglise locale et ses pasteurs, ils pourront mettre leur ministère au service du Peuple de Dieu.

118. La Communauté fera tout son possible pour favoriser les vocations sacerdotales parmi ses membres, et permettre aux frères dont la vocation aura été reconnue authentique d'accéder au sacerdoce et d'exercer le ministère presbytéral, selon le droit de l'Eglise et selon les présents Statuts.

5.2 Incardination

119. Un prêtre de la Communauté est incardiné dans un diocèse d’accueil. On appelle “diocèse d’accueil” un diocèse dont l’Evêque accepte pour le bien de l’Eglise universelle et de son Eglise particulière d’incardiner des prêtres de la Communauté dans le respect de la vocation spécifique de ceux-ci. La formation des futurs prêtres se fera en conformité avec le droit de l’Eglise et selon les modalités requises par l’Evêque qui accueille dans son diocèse, et sous sa vigilance en ce qui concerne le processus de discernement vocationnel, les études et la formation spirituelle.

120. Les Evêques des diocèses d’accueil permettront facilement qu’un prêtre incardiné dans leur diocèse puisse prêter ses services à un autre diocèse, pour répondre à des besoins légitimes des apostolats de la Communauté, ou à des appels urgents de l’Eglise. La situation d’un prêtre qui exerce son ministère dans un autre diocèse que le sien sera régie par le droit commun et les normes des présents Statuts.

5.3 Le Responsable des prêtres


121. Les prêtres auront au sein du Conseil général un responsable propre qui sera un prêtre engagé à vie dans la Communauté. Sa tâche est de veiller à la formation des séminaristes, à l'épanouissement des prêtres dans leur vocation spécifique, et au lien spécial avec l'autorité ecclésiastique qu'implique l'exercice de leur ministère.

122. Le Responsable des prêtres sera désigné pour quatre ans par le Modérateur général avec l’accord de son Conseil, après consultation des intéressés. Sa nomination sera confirmée par un vote de l’ensemble des prêtres engagés à vie dans la Communauté. Il sera assisté d’au moins deux conseillers, élus par les prêtres engagés à vie.

123. Le Responsable des prêtres a pour fonction de :
- Représenter les prêtres de la Communauté au sein du Conseil général,
- Etre le représentant de la Communauté auprès des Evêques pour les questions relatives à la formation et au ministère des prêtres communautaires,
- Etre attentif à la formation des séminaristes, veiller à ce que soit assurée la formation permanente des prêtres, en délégant éventuellement certaines de ses tâches à des Assistants, en accord avec le Modérateur Général
- Promouvoir la communion entre les prêtres des Béatitudes, leur insertion harmonieuse dans la vie de la Communauté, et l’épanouissement de chacun dans l’exercice de son sacerdoce. Il les visitera régulièrement ou les fera visiter par un délégué, et suscitera entre eux des rencontres à différents niveaux : général, provincial ou régional,
- Promouvoir et coordonner les activités apostoliques qu'ils exercent, sous la conduite des autorités ecclésiastiques, principalement les Evêques dont ils dépendent.
Le Responsable des prêtres rencontrera régulièrement chaque évêque des diocèses d’accueil pour lui rendre compte de l’évolution de la vie et du ministère des prêtres de la Communauté incardinés dans son diocèse. A cette occasion il sera vérifié que chacun d’entre eux ait la possibilité d’exercer pleinement son sacerdoce et d’approfondir sa vocation communautaire.

5.4 Ministère et Vie


124. Les prêtres de la Communauté exerceront leur ministère sacerdotal :
- au service des activités d'évangélisation ou des autres œuvres d'apostolat entreprises par la Communauté des Béatitudes avec l'accord des Evêques et sous leur vigilance, selon le droit de l'Eglise,
- au service des besoins spirituels des maisons et des membres de la Communauté des Béatitudes,
- au service de toute autre activité pastorale confiée par un Evêque qu'ils sont en mesure d'assumer et qui soit compatible avec leur engagement communautaire.

125. Le prêtre reçoit son affectation de l’Evêque du diocèse d’accueil chez qui il est incardiné, ou de l’Evêque du diocèse où il est appelé à servir, sur proposition du Modérateur général de la Communauté, avec accord de son Conseil et du Responsable des prêtres. Cette affectation ne peut être retirée ou modifiée qu’aux mêmes conditions. La lettre de mission d’un prêtre sera signée par l’Evêque et le Modérateur général.

126. Un prêtre de la Communauté doit demeurer dans une maison de la Communauté, selon les présents Statuts, et doit, pour ce qui concerne la vie communautaire, être soumis à son berger. Pour ce qui est de son ministère sacerdotal, il dépend de l’autorité ecclésiastique compétente, selon le droit, et des responsables des apostolats dans lesquels il est impliqué. L’articulation entre ces deux dimensions est précisée dans la lettre de mission.

127. Les bergers qui ont des prêtres dans leur maison seront attentifs à favoriser l’exercice de leur ministère au sein de la Communauté et en dehors, de sorte que leur rôle de prêtres dans le domaine de l’annonce de la Parole, de la célébration des sacrements, de la paternité spirituelle puisse être pleinement vécu.

128. Sauf pour quelques services épisodiques, on ne confiera pas à un prêtre une tâche apostolique qui l'isolerait de la Communauté ou qui serait exercée à titre purement individuel, sans laisser aucune place à un soutien ou une certaine collaboration des membres de la maison qui est la sienne. On cherchera dans la mesure du possible à constituer de petites équipes de prêtres, de manière à ce qu’un jeune prêtre puisse débuter dans le ministère avec le conseil d’un prêtre plus ancien, et que des diacres ou des séminaristes en stage puissent y être formés à l’apostolat.

129. Tout prêtre des Béatitudes se souviendra que son obligation première est de rechercher l’union au Christ par une intense vie contemplative fondée sur la prière communautaire et personnelle ; les activités apostoliques ne devant jamais être un prétexte à négliger cette dimension première, sans laquelle elles finiraient par perdre leur justesse et leur véritable signification, risquant de devenir une œuvre purement humaine et non plus une participation à la charité pastorale du Christ. Mais il se souviendra aussi que l’authenticité de la vie d’union à Dieu se manifeste par la compassion envers le prochain et le zèle pour l’annonce de l’Evangile.

5.5 Formation des séminaristes

130. Les séminaristes des Béatitudes sont formés selon les directives et modalités définies par les évêques d’accueil en accord avec le Modérateur général.

131. Dans la formation on insistera beaucoup sur la qualité et la profondeur de la vie spirituelle des séminaristes : la vie de prière et l'esprit d'oraison, la conversion permanente du cœur, la croissance dans l'amour personnel de Jésus, dans la confiance filiale en Marie et dans un désir authentique et pur de se donner sans réserve au bien des âmes ; vertus sans lesquelles le ministère sacerdotal ne peut trouver sa pleine fécondité. On y éveillera l'amour pour les pauvres, la sensibilité aux besoins des âmes, la capacité de travailler en collaboration avec des personnes de toutes les conditions de vie, l'amour de l'Eglise universelle et locale, les connaissances spirituelles et humaines permettant de rejoindre tout homme dans sa souffrance et ses besoins.

132. Un frère des Béatitudes ne pourra entrer au séminaire qu’après deux ans de séjour dans une maison de la Communauté, et après avoir reçu une formation de base à la vie et à l’esprit de celle-ci. C’est le berger d'une maison qui propose l’admission d’un frère au séminaire, avec l'accord de son Conseil de maison et du Modérateur provincial. Le Responsable des prêtres doit donner son consentement. Ne seront admis au séminaire que des frères qui présentent les aptitudes requises en vue du ministère sacerdotal, selon les normes de l'Eglise en la matière, et chez qui le désir de devenir prêtre est un réel appel à servir et non un besoin de réalisation personnelle (Cf. cc. 241-245).

133. A chacune des étapes vers le sacerdoce (admission, lectorat, acolytat, ordination diaconale, ordination sacerdotale) le candidat devra avoir l’accord du Responsable des prêtres (ou de son Assistant délégué à la supervision de la formation des séminaristes) avant de présenter sa demande à l’Evêque du diocèse d’accueil.

134. L’ordination diaconale aura lieu après l’engagement définitif (§ 18) dans la Communauté.

5.6 Formation permanente des prêtres

135. On veillera à ce que les prêtres soient visités par le Responsable des prêtres ou un délégué, bénéficient d’une formation permanente, à travers sessions, rencontres, retraite annuelle, et puissent se retrouver à différents niveaux pour partager leurs expériences dans l’exercice du ministère.

5.7 Départ d’un prêtre de la Communauté

136. Si un frère diacre en vue du sacerdoce ou prêtre quitte la Communauté ou en est renvoyé selon les présents Statuts (§ 17 et 26), l'Evêque du diocèse d'incardination décidera de son affectation.

 
 

 

6. Les diacres permanents

 

137. Des frères mariés ou célibataires de la Communauté pourront recevoir le Diaconat permanent, s’ils en ont l’appel et si cela leur permet de mieux répondre aux besoins de la Communauté et de l'Eglise locale, en étant fortifiés par la grâce sacramentelle pour assumer des tâches en faveur des pauvres, des malades, de l'annonce de la Parole ou de l'animation liturgique.

138 Le Modérateur général avec l’accord de son Conseil nommera un frère diacre de la Communauté comme responsable du diaconat permanent, après consultation des diacres permanents de la Communauté. Il a pour mission d’assurer le lien entre les diacres de la Communauté et le Conseil général, d’être le représentant de la Communauté auprès des Evêques pour les questions relatives à la formation et au ministère des diacres communautaires, de superviser la formation des diacres, de rencontrer les équipes d’accompagnement et de veiller à ce que soit assurée la formation permanente des diacres, de promouvoir la communion entre les diacres des Béatitudes, leur insertion harmonieuse dans la vie de la Communauté, et l’épanouissement de chacun dans son ministère. Il s’efforcera de les visiter régulièrement.

139. Le cheminement d'un frère vers le diaconat se fera selon les normes générales de l’Eglise et selon les directives des évêques qui acceptent d’incardiner et d’ordonner les diacres de la Communauté. Avant d’entreprendre un cheminement vers le diaconat permanent, tout frère doit avoir l’accord du Modérateur provincial et de son conseil, ainsi que celui du responsable du diaconat permanent.

 
 

 

7. La formation

7.1 POUR TOUS
7.2 BERGERS

 

7.1 Pour tous

140. Tout nouveau stagiaire, dès son arrivée, doit recevoir un enseignement de base sur la règle et sur la spiritualité communautaires, selon un programme fixé par le Directoire. Le berger de chaque maison confiera à un frère ou une sœur qui a la maturité et les compétences nécessaires la charge de former les nouveaux arrivés à l'esprit de la Communauté.

141. Les responsables de la Communauté veilleront à ce que, pendant les premières années d'insertion dans la Communauté (postulat et engagement temporaire), soient aussi dispensées à chacun les connaissances indispensables dans le domaine de la théologie, de l'histoire de l'Eglise, des grands courants de spiritualité, de l'Ecriture Sainte, de la liturgie, de la tradition juive, selon un programme défini par le Directoire. Dans ce but, on érigera dans la mesure du possible dans chaque pays ou région du monde, une maison de formation où les frères et sœurs passeront au moins une année à temps plein avant l’engagement définitif.

142. Des moments spécifiques pour la formation (temps d'enseignements, de lecture spirituelle, de rencontre des jeunes frères et sœurs en formation avec les personnes chargées d'eux) seront prévus dans l'horaire hebdomadaire de chaque maison. On s'assurera que les maisons soient en mesure de donner à chacun les moyens d’acquérir la maturité spirituelle et humaine, notamment affective, nécessaire au cheminement communautaire. On veillera à ne pas surcharger les jeunes frères et sœurs de tâches et de responsabilités qui nuiraient à leur formation.

143. Pour assurer la formation spirituelle et théologique, on fera appel à des frères et sœurs à qui la Communauté aura donné la possibilité d'acquérir les compétences requises, ainsi qu'à des intervenants extérieurs présentant les garanties nécessaires de fidélité à l'enseignement de l'Eglise.

144. La formation se poursuivra durant toute la vie. Elle se fera dans la fidélité à la doctrine de l'Eglise, en particulier des Conciles et des Souverains Pontifes. Elle se gardera d'être seulement livresque et intellectuelle, mais devra avoir pour but surtout de faire grandir dans l'amour pour la Parole de Dieu, l'attachement à l'Eglise, l'esprit d'oraison, et visera à faire acquérir, davantage que des connaissances abstraites, cette sagesse spirituelle qui est principalement le fruit de la prière et de la purification du cœur.

145. Une formation plus approfondie et plus spécifique, de type universitaire notamment, sera proposée aux membres de la Communauté dont le ministère le requiert.

146. Suivant les nécessités de la Communauté, ainsi que les tâches confiées, les aptitudes et le bien de chacun, on permettra aussi aux frères et sœurs d'acquérir des compétences professionnelles, humaines, artistiques à travers lesquelles ils pourront mieux contribuer à la réalisation de la vocation de la Communauté. En particulier, la formation au chant, à la musique, à la danse sacrée, à l'iconographie et à toutes les autres formes d'expression artistique, qui sont des moyens privilégiés pour glorifier le Seigneur et pour évangéliser, seront fortement encouragés.

147. On sera attentif aussi à ce que chacun (frères et sœurs consacrés, couples, clercs et autres ministres) reçoive la formation spécifique nécessaire à sa vocation propre, conformément aux normes de l'Eglise, aux présents Statuts et aux dispositions du Directoire.

148. On veillera à ce que les maisons situées dans des contextes culturels différents puissent adapter le contenu de la formation à la réalité locale.

7.2 Bergers

149. Le Modérateur général nommera une personne pour superviser la formation des bergers selon une charte de formation approuvée par l’Assemblée générale et figurant dans le Directoire.

150. On veillera à une bonne formation doctrinale et spirituelle personnelle des bergers, ainsi qu’à une formation suffisante aux différents aspects de leur fonction (relation aux frères et sœurs et leur accompagnement dans leur chemin communautaire, discernement des vocations, fonctionnement des instances de la Communauté dans un esprit de communion, organisation de la vie d’une maison, questions administratives et économiques, lien avec l’Eglise etc.).

151. Cette formation se vivra selon plusieurs modalités complémentaires :
- à travers un parcours personnel, discerné avec le responsable de formation des bergers, et soutenu par un tuteur (avec par exemple cours suivis par correspondance dans des instituts, sessions spécialisées),
- à travers les sessions organisées par la Communauté à l’intention des responsables et bergers,
- par un séjour d’un an dans la maison de formation des responsables et bergers,
- par un accompagnement personnalisé de type parrainage par rapport à l’exercice du ministère.ù


152. Les années où l’Assemblée générale (§ 240ss) n’aura pas lieu, on organisera si possible une rencontre d’une semaine regroupant tous les bergers pour des temps de prière, d’enseignement, de partage d’expériences et de préoccupations. Ces rencontres permettront aussi de mettre en œuvre les orientations de l’Assemblée générale et de promouvoir des actions apostoliques communes.

 
 

 

8. Structure et gouvernement de la Communauté

8.1 LES MAISONS

8.1.1 Généralités
8.1.2 Création et fermeture de maison
8.1.3 Bergers et leur désignation
8.1.4 Rôle du berger, ses compétences et ses limites
8.1.5 Le Conseil de maison
8.1.6 Les réunions communautaires et les synodes de maison
8.1.7 Visite des maisons
8.1.8 Insertion des maisons dans la vie de l'Eglise universelle et locale
8.1.9 Aumônier d'une maison

8.2 LES PROVINCES

8.2.1 Définition
8.2.2 Le Modérateur provincial et son Conseil

8.3 LE GOUVERNEMENT GENERAL

8.3.1 Le Modérateur général
8.3.2 Le Conseil général et les Assistants du Modérateur
8.3.3 Rôle et fonctionnement de la Modération générale
8.3.4 Le Conseil plénier

8.4 L’ASSEMBLEE GENERALE

8.4.1 Composition et convocation
8.4.2 Rôle et compétence

8.5 LE DIRECTOIRE

 

8.1 Les maisons

8.1.1 Généralités


153. Dans la structure de la Communauté, l'unité de base est la maison. Elle regroupe un certain nombre de frères et sœurs, en un ou plusieurs lieux d'habitation suffisamment proches les uns des autres pour permettre une réelle vie communautaire, sous l'autorité d'un responsable appelé berger, entouré d'un Conseil de maison (§ 189ss). Où cela est nécessaire, le Modérateur général avec l’accord de son Conseil pourra aussi permettre la constitution de “quasi-maisons”, qui regroupent sous l’autorité d’un même berger de petites fraternités, même éloignées géographiquement.

154. Une grande maison pourra, si nécessaire, être répartie en différents lieux de vie ayant une relative autonomie, appelés “maisonnées”. Chaque maisonnée aura son responsable, qui guidera la vie de la maisonnée sous l'autorité du berger. Les responsables de maisonnée feront partie du Conseil de maison. Un responsable de maisonnée pourra s'entourer si nécessaire d'un petit conseil.

155. On pourra aussi envisager des lieux de vie communautaire qui ne soient pas des maisons au sens propre, mais l'annexe d'une maison existante. Une annexe est dirigée par un assistant nommé par le berger avec accord du Modérateur provincial. Il exerce sa tâche en soumission au berger. Une annexe peut être appelée à se développer et devenir, avec l'accord du Modérateur général et de son Conseil (§ 163), une maison au sens propre.

156. Chaque maison, à sa manière et selon sa grâce propre, est dépositaire de la vocation communautaire, qu'elle a à cœur de porter à son plein épanouissement en vivant selon l'esprit et les Statuts, en se faisant aider et conseiller par les instances de communion fraternelle mises en place par la Communauté, dans une relation étroite avec toutes les autres maisons des Béatitudes.

157. Chaque maison a une identité propre qui vient de sa situation géographique, de la mission qui lui a été confiée, de son insertion dans l'Eglise locale, de la personnalité des frères et sœurs qui la composent, identité qui doit être estimée et respectée de la part des autres maisons, pour permettre une saine diversité dans le visage de la Communauté.

158. Chaque maison peut accueillir des candidats (§ 9) qui veulent devenir membres de la Communauté, à condition d’avoir (au jugement du Modérateur provincial) les moyens de discerner leur appel et de pourvoir à leur formation selon les normes du Directoire. Une maison qui attire des vocations sans avoir les moyens de les former les enverra dans une maison qui peut assumer cette formation.

159. Une maison développe ses activités caritatives et apostoliques dans la fidélité à la mission qui lui a été confiée en accord avec l’évêque du lieu.

160. Elle assume sa gestion administrative et économique, en communiquant régulièrement sa comptabilité au Modérateur provincial.

161. Chaque maison doit vivre en communion avec toutes les autres maisons, sous la vigilance des instances provinciales et générales de la Communauté, selon les présents Statuts. Toutes les maisons de la Communauté, comme membres d'une même famille, sont appelées en effet à une profonde communion d'esprit et de prière les unes avec les autres, qui doit s'exprimer aussi à travers une entraide à tous les niveaux : au plan financier, dans le domaine de la formation, des activités apostoliques et autres. Cette entraide doit jouer de manière privilégiée au niveau de la Province, mais aussi à celui de la Communauté tout entière.

162. Bien persuadées que, dans tous les domaines, “l'aumône enrichit” (Saint François de Sales), les maisons ne chercheront pas à retenir jalousement des frères et sœurs qui leur sont utiles. Elles permettront facilement qu'ils puissent se rendre disponibles pour répondre aux appels adressés par le gouvernement de la Communauté en vue d’un service provincial ou général de celle-ci, et en vue de la mission.

8.1.2 Création et fermeture de maison

163. Tout projet de fondation d'une maison, qu'il émane d'une province ou d'une autre instance, doit recevoir l’accord du Modérateur général et de son Conseil, qui vérifieront l’opportunité d’une telle fondation. Elle doit offrir la perspective de pouvoir bien s'insérer dans l'Eglise locale, accueillir des membres en nombre suffisant, s'assumer sur le plan économique, donner une formation de base aux stagiaires, avoir un certain rayonnement apostolique.

164. Il faut bien entendu que la nouvelle fondation reçoive l'agrément préalable de l'Evêque du diocèse où elle sera faite (§ 202).

165. Lors de la fondation d'une nouvelle maison, un frère ou une sœur est nommé à la tête de cette maison comme berger, selon les § 170 et suivants.

166. On aura bien entendu à cœur d'envoyer dans les nouvelles maisons des éléments stables et formés, dont la vocation soit suffisamment éprouvée, et qui aient les compétences nécessaires.

167. Une maison qui débute sera soumise à la vigilance particulière du Modérateur provincial, ou, si elle ne fait pas encore partie d'une Province, d'un membre du Conseil général désigné par le Modérateur général pour suivre cette maison dans son développement initial.

168. Le berger de la nouvelle maison, surtout s'il débute dans cette fonction, sera tenu de consulter le Modérateur provincial (ou la personne dont il est question ci-dessus) pour toutes les décisions importantes, de l'informer de la vie et du développement de sa maison, d'être à l'écoute de ses indications et conseils. Au cas où celui-ci constate des abus, des infidélités à la vocation communautaire ou des difficultés graves dans la nouvelle maison, il pourra intervenir auprès du berger et, si besoin est, aviser le Modérateur général qui fera le nécessaire pour résoudre la situation.

169. L'instance compétente pour décider de la fermeture d'une maison, de la destination des biens dont cette maison est propriétaire, est le Modérateur général avec l'accord de son Conseil. Une décision de fermeture ne pourra être prise qu'après avoir entendu l'Evêque diocésain. Le Modérateur général désignera une personne chargée de décider, en dialogue avec les Modérateurs provinciaux concernés et les intéressés, de la destination des membres de la maison fermée.

8.1.3 Bergers et leur désignation

170. Chaque maison est dirigée par un Berger qui s'entoure d'un Conseil de maison représentatif des différentes catégories de membres de la maison, choisi parmi des frères et sœurs ayant l'ancienneté et la maturité suffisantes pour le seconder dans sa responsabilité.

171. Le berger d'une maison est désigné par le Modérateur général, avec accord de son Conseil, après consultation du Modérateur provincial. Avant de rendre effective cette nomination, on consultera les frères et sœurs engagés de la maison pour vérifier qu’elle soit bien accueillie. Le berger est nommé pour une période de quatre ans, par lettre de mission donnant éventuellement des précisions sur la tâche qui lui est confiée. La nomination peut être renouvelée à la fin du mandat, mais doit être précédée par un vote des frères et sœurs engagés pour accepter ce renouvellement.

172 En cas de nécessité, le Modérateur général, après avoir pris l’avis de son conseil et avec l’accord des engagés à vie de la maison, pourra reconduire pour une ou deux années un berger alors que celui-ci arrive au terme de son mandat de 4 ans et qu’il ne peut être immédiatement reconduit pour un nouveau mandat de 4 ans.

173 On permettra, au moment opportun pour la personne et pour la maison concernée, au berger en responsabilité depuis plus de quatre ans de vivre une année sabbatique de relecture et de complément de formation, selon les indications de la charte de formation des bergers du Directoire. La maison sera alors placée sous la responsabilité d’un assistant entouré du conseil de maison.

174. Un frère ou une sœur qui n’a jamais été berger sera nommé pour une première période de deux ans, au bout de laquelle les frères et sœurs engagés de la maison s’exprimeront par vote sur l’opportunité qu’il continue d’exercer sa fonction. Si le vote est positif, le berger sera confirmé dans sa fonction pour quatre ans par le Modérateur général, avec accord du Conseil général. A tout berger qui débute dans sa tâche le Modérateur général affectera un « parrain » qui, sans assumer un rôle d’autorité, sera à la disposition du jeune berger pour le conseiller fraternellement dans sa tâche.

175. Le berger d'une maison pourra être un homme ou une femme, quel que soit son état de vie, normalement engagé à vie, exceptionnellement engagé temporaire ou permanent. Il sera choisi avec soin et devra avoir la maturité humaine, affective et spirituelle nécessaire. Il devra avoir suffisamment d'expérience de la vocation communautaire, être exemplaire en ce qui concerne l'esprit d'oraison, le sens ecclésial, l'oubli de soi et le désintéressement dans le service et le zèle pour le Royaume.

176. Le Modérateur général peut retirer sa charge à un berger, pour raison grave ou en cas de difficultés insurmontables à remplir convenablement son rôle. Avant de prendre une telle décision, il devra demander une visite extraordinaire de la maison (§ 200) et soumettre ensuite la question au Conseil général pour avoir son avis. Si un berger demande, pour des raisons sérieuses et valables, à être démis de sa charge, elle pourra lui être retirée par le Modérateur général avec avis de son Conseil.

177. Le Modérateur général pourra aussi, en cas de nécessité et après consultation du Modérateur provincial, retirer sa charge à un berger pour lui confier une autre responsabilité. Il a besoin de l’accord du Conseil général. On consultera aussi les frères et sœurs de la maison avant de déplacer un berger avant la fin de son mandat.

8.1.4 Rôle du berger, ses compétences et ses limites

178. Le berger, aidé de son Conseil, assume la responsabilité des orientations de sa maison sur les plans spirituel, apostolique et caritatif. Il veille à l'épanouissement et à la formation spirituelle et humaine des frères et sœurs de sa maison. Il est responsable de l'unité de sa maison, de sa communion avec tout le corps de la Communauté, de sa fidélité à la vocation propre de la Communauté et de son insertion dans la vie de l'Eglise locale et universelle.

179. Il lui appartient d'entretenir des liens filiaux avec l'Evêque du lieu et de promouvoir une bonne insertion de sa maison dans l’Eglise locale (§ 201 à 205).

180. Il est également responsable de la saine gestion administrative et économique de sa maison en conformité avec les présents Statuts, le droit ecclésiastique et civil.

181. Il lui appartient de se faire aider dans sa tâche sur place par des frères et sœurs choisis par lui et son Conseil pour assumer les rôles de formateur, d'Econome, d’accompagnateurs spirituels et autres, et de recourir aux instances de service provinciales et générales.

182. Il sera attentif à la formation des frères et sœurs, en particulier à ce que chaque catégorie de membres ait les moyens de s'épanouir dans sa vocation propre.

183. Il est à l'écoute des frères et sœurs en ce qui concerne leur appel propre, de sorte qu'ils vivent dans la maison qui leur correspond le mieux quant au rythme de vie spirituelle et à sa mission.

184. Il cherche à insérer pleinement sa maison dans la vie de la Province à laquelle il appartient et à maintenir des liens étroits de communion avec tout le corps de la Communauté et ses diverses instances provinciales et générales.

185. Il aura soin que sa maison soit régulièrement visitée, et permettra à tous les membres de sa maison de s'entretenir librement avec le Visiteur (§ 195ss). Il prend l'initiative de solliciter de telles visites s'il a besoin d'aide ou de conseil pour résoudre des difficultés auxquelles sa maison est confrontée.

186. Le berger a besoin du consentement du Modérateur provincial pour les décisions suivantes :
- admettre un frère ou une sœur à l'engagement temporaire, à l’engagement permanent ou définitif, aux vœux de consécration dans le célibat, temporaires ou définitifs (§ 15, 24,105, 108),
- renvoyer un frère ou une sœur engagé temporaire ou refuser d'admettre au renouvellement de ses vœux un consacré temporaire (§ 17, 111),
- permettre à un frère ou une sœur de quitter sa maison pour une autre maison (§ 77),
- permettre à un frère ou une sœur de résider plus de trois mois hors communauté (§ 78),
- poser les actes économiques d’administration extraordinaire définis dans le Directoire qui demandent l’autorisation du Modérateur provincial,
- développer un nouvel apostolat d’une certaine ampleur (§ 225),
- permettre à un frère de commencer le séminaire (§ 132),
- donner la permission à un frère marié de s'orienter vers le diaconat permanent (§ 139),
- désigner l’Assistant responsable d’une annexe de sa maison (§ 155).

187. Pour ce qui est de la maison où réside le Modérateur provincial, le Modérateur général nommera une personne qui fera office de Modérateur provincial pour les frères et sœurs de cette maison.

188. Le berger a besoin du consentement du Modérateur général pour les décisions suivantes :
- changer l'orientation apostolique ou la mission de sa maison,
- renvoyer un frère ou une sœur engagés à vie (§ 26),
- poser les actes d’administration économique extraordinaire définis dans le Directoire demandant l’autorisation du Modérateur général,
- admettre comme stagiaire une personne qui a des dettes (§ 65).

8.1.5 Le Conseil de maison


189. Le Conseil de maison doit être représentatif de la réalité vécue dans la maison : différentes catégories de membres, apostolats. Si, surtout en début de fondation, le berger n'a pas suffisamment de frères ou sœurs pour constituer un Conseil, il s'adjoindra au minimum un assistant. Il consultera aussi le Modérateur provincial ou la personne chargée de suivre sa maison (§ 210) dans les situations où il devrait normalement consulter le Conseil de maison.

190. Les conseillers sont désignés pour un an. Le berger forme le Conseil en choisissant parmi les frères et sœurs de sa maison engagés au moins temporairement. La composition du Conseil doit ensuite être approuvée par un vote des membres engagés, temporaires ou définitifs, de sa maison.

191. Le Conseil de maison assiste le berger dans sa charge et se réunit au moins deux fois par mois. Le berger le consulte pour les décisions importantes à prendre, comme la mise en place du rythme de vie de la maison, la répartition des ministères, la mise en œuvre des apostolats, la décision de travaux ou de dépenses coûteuses, etc. Il le consultera aussi à propos des différents engagements communautaires selon les normes des présents Statuts.

192. L'accord du Conseil de maison est nécessaire pour les décisions suivantes :
- admission au postulat (§ 11), à l'engagement temporaire ou définitif (§ 15 et 24), aux vœux temporaires ou définitifs (§ 105 et 108),
- permettre à un frère de commencer le séminaire (§ 132),
- nomination des accompagnateurs spirituels des personnes en formation (§61), de l'Econome,
- poser certains actes d'administration extraordinaire définis dans le Directoire.

8.1.6 Les réunions communautaires et les synodes de maison

193. Le berger réunira régulièrement l'ensemble de sa maison. Ces rencontres seront des moments privilégiés pour fortifier les liens fraternels dans un climat familial, pour enseigner et exhorter à la fidélité à la vocation communautaire, pour communiquer les informations que les frères et sœurs sont en droit de recevoir, pour partager des nouvelles concernant les autres maisons et la vie de la Communauté dans son ensemble, pour communiquer les décisions prises par les différentes instances, pour recueillir l'avis des frères et sœurs sur certaines questions, pour élargir l'horizon de la maison à la vie de toute l'Eglise.

194. Dans une maison, ce sont plus spécialement les frères et sœurs engagés qui doivent se sentir responsables de la vie de la maison et de la fidélité à la vocation communautaire, et être impliqués dans les décisions importantes concernant la maison. Le berger les réunira régulièrement. Une fois par an, on tiendra sous la présidence du berger un synode où tous les frères et sœurs engagés auront l’occasion de se mettre à l’écoute du Saint-Esprit dans la prière et de partager sur les orientations de la vie de leur maison.

8.1.7 Visite des maisons

195. Toute maison doit avoir son Visiteur. Il est choisi pour une période de quatre ans, qui peut être renouvelée.

196. Ce Visiteur sera choisi par le Modérateur général après consultation du berger. Il sera pris parmi une liste de visiteurs définie par le Modérateur général, où figurent les membres de la Communauté reconnus pour leur maturité et leur discernement. Si une maison change de berger, le mandat du Visiteur expire, de manière à permettre éventuellement le choix d'un nouveau Visiteur.

Visites ordinaires

197. Les visites auront lieu une fois par an. Le Visiteur fait par écrit un rapport de visite au berger, au Modérateur général et au Modérateur provincial, où il dit comment il a perçu la maison, ce qui y est vécu de positif, mais aussi les situations anormales qu'il a pu constater. En dehors de la visite, il n'intervient pas dans la vie de la maison, sauf si le berger le sollicite pour des conseils ou s'il reçoit un mandat du Modérateur provincial ou du Modérateur général. La manière de procéder dans les visites sera précisée dans le Directoire.

198. Le but des visites est de permettre au berger d'être aidé, par un regard extérieur, à porter un discernement sur la vie de sa maison, ses orientations, son dynamisme spirituel et apostolique, sa fidélité à la grâce communautaire. Elles sont un lien de communion entre chaque maison et le reste de la Communauté. Elles sont aussi un moyen de garantir la liberté des frères et sœurs d'une maison en leur donnant la possibilité de s'ouvrir à une autre instance que le berger. Elles permettent de vérifier que chacun s'épanouit dans la maison où il se trouve et dans son ministère et qu'il dispose de la formation nécessaire. Les Visiteurs seront particulièrement attentifs à vérifier la qualité humaine et spirituelle des relations fraternelles, le vécu authentique de la chasteté, ainsi que les moyens mis en œuvre pour permettre à chacun de grandir dans la responsabilité et la maturité affective.

199. Une attention particulière sera portée aux fondations récentes ou aux maisons qui ont un berger qui débute dans sa tâche, qui seront visitées plus fréquemment.

Visites extraordinaires

200. Il y aura aussi des “visites extraordinaires”, lorsque des difficultés graves se présentent dans une maison ou lorsque le berger désire être aidé à discerner une question importante pour l’avenir de sa maison. Elles auront lieu sur demande du berger ou bien lorsque le Modérateur provincial ou le Modérateur général l'exigera. Dans ce dernier cas, les Visiteurs seront au nombre de deux, l'un désigné par le Modérateur général, et l'autre choisi par le berger parmi le collège des visiteurs défini par le Modérateur général et son Conseil. Ils feront en commun un rapport écrit de leur visite au Modérateur général, au Modérateur provincial et au berger.

8.1.8 Insertion des maisons dans la vie de l'Eglise universelle et locale

201. Chaque maison aura à cœur d'être “fille de l'Eglise”, de porter dans sa prière les besoins et intentions de l'Eglise universelle, les grands événements qui marquent sa vie, et de contribuer selon ses possibilités à son bien et à son édification. Les frères et sœurs seront animés d'une affection filiale envers le Saint Père, s'exprimant particulièrement par la prière et par l'accueil docile de ses enseignements et directives.

202. Aucune maison ne pourra être fondée sans la permission de l'Evêque du lieu. On ne fera pas de fondation qui ne profite à l'Eglise locale (sauf bien sûr dans le cas d'une maison créée uniquement pour assurer un service interne à la Communauté). La vie de toute maison se déroule sous la vigilance de l'Evêque diocésain), selon les normes du droit (c.305), et dans un esprit de soumission confiante et filiale à son ministère pastoral.

203. Toute maison cherchera à s'insérer au mieux dans la vie de l'Eglise locale : diocèse et paroisse en particulier, et à entretenir des relations de communion fraternelle avec toutes les réalités d'Eglise, le clergé, les instituts religieux, les mouvements et associations.

204. Elle se rendra disponible, selon ses moyens, aux besoins et aux sollicitations de l'Eglise locale pour rendre des services divers : catéchèse, liturgie, visite des malades, actions pastorales variées, formation et autres responsabilités au niveau paroissial ou diocésain.

205. Elle veillera cependant à servir l'Eglise en restant fidèle à son charisme propre. Si des membres de la Communauté s'engagent dans des tâches d'Eglise, ils doivent le faire non à titre purement individuel, mais en tant que membres de la Communauté, portés par sa grâce spécifique, reconnus dans leur identité propre et soutenus par la maison dont ils font partie.

8.1.9 Aumônier d'une maison


206. Une maison qui n'a pas de prêtre de la Communauté pourra, avec la confirmation de l'Evêque diocésain (c. 324 § 2), recourir aux services d'un aumônier extérieur à la Communauté qui pourra résider dans la maison. Ce devra être un homme de paix, en totale communion avec l'Evêque du lieu et l'Eglise tout entière, qui ait la piété et la formation nécessaires pour comprendre les voies spirituelles. Il respectera les habitudes légitimes de la Communauté dans les célébrations liturgiques, telles que l'observation d'un temps de silence suffisant après la communion. Il dispensera le sacrement de réconciliation sans le confondre avec l'accompagnement spirituel, si celui-ci ne lui a pas été explicitement demandé. Il doit être élément d'unité et ne pas empiéter sur le rôle du berger et des autres responsables.

8.2 Les provinces

8.2.1 Définition


207. La Province regroupe un ensemble de maisons confiées à la vigilance d’un responsable, appelé “Modérateur provincial”.

208. C'est le Conseil plénier qui est compétent pour ériger en Province un ensemble de maisons, après consultation des bergers concernés. Une Province doit comporter au moins cinq maisons. On pourra cependant constituer, si nécessaire et de manière provisoire, une Province plus petite, d’au moins trois maisons, destinée par la suite à se développer ou à se rattacher à une Province existante.

209. Une Province pourra être subdivisée en régions (selon des critères linguistiques ou autres), avec un assistant du Modérateur provincial responsable de chaque région. Il appartient au Modérateur provincial, avec l’accord des bergers de la Province et du Modérateur général de constituer les régions, de nommer les assistants provinciaux et de définir leurs attributions.

210. De manière provisoire, on pourra permettre l’existence de maisons de la Communauté n’appartenant à aucune Province. Elles dépendront du Modérateur général, qui nommera après consultation du berger de la maison une personne chargée de la superviser. Le berger de cette maison recourra à cette personne pour toutes les décisions à propos desquelles les Statuts demandent l'accord du Modérateur provincial (cf § 186).

8.2.2 Le Modérateur provincial et son Conseil

211. Le Modérateur provincial est nommé pour quatre ans par le Modérateur général avec accord de son Conseil. La nomination doit être précédée par une consultation de tous les bergers de la Province, et confirmée ensuite par un vote de ceux-ci. Le Modérateur provincial doit être engagé à vie dans la Communauté. Il doit avoir la maturité suffisante et la prudence nécessaire, ainsi que la confiance des frères et sœurs. Sauf impossibilité de faire autrement, il ne cumulera pas la charge de Modérateur provincial avec celle de berger d’une maison.

212 Le Modérateur général peut retirer sa charge à un Modérateur provincial pour raison grave ou en cas de difficulté insurmontable à remplir convenablement son rôle. Avant de prendre une telle décision, il pourra consulter les bergers de la province, les conseillers provinciaux et le Conseil général. Si un Modérateur provincial demande, pour des raisons sérieuses et valables, à être démis de sa charge, elle pourra lui être retirée par le Modérateur général avec avis de son conseil.

213. Le Modérateur provincial est entouré d'un Conseil d'au moins deux membres, élus par les bergers de la Province selon des modalités figurant dans le Directoire.

214. Le Modérateur provincial a comme rôle de veiller sur la vie de cette Province, de promouvoir son unité, sa vitalité spirituelle et apostolique, sa fidélité à la vocation communautaire, de favoriser une étroite collaboration entre les maisons. Il peut mettre en place différents services d'entraide à l'échelle de la Province, dans les domaines de la formation, de l'apostolat, de la gestion temporelle et autres. Il est attentif aux nécessités de chaque maison et il essaie d'y répondre, en particulier en ce qui concerne les besoins en frères et sœurs. Il veille à la croissance de la Communauté et peut proposer de nouvelles fondations. Il favorise les rencontres entre maisons de la Province, pour des cérémonies communautaires, des partages, des temps de formation et de détente.

215. Dans chaque Province, le Modérateur provincial désignera, avec l’accord de son Conseil, un “référent” pour chaque condition de vie : couples, célibataires, frères consacrés, sœurs consacrées, chargé de veiller à ce que chacun dispose des moyens de formation et du soutien spirituel nécessaires à l’épanouissement de sa vocation propre.(cf § 93, 103)

216. Le Modérateur provincial fait le lien entre la Province et le Modérateur général. Il informe ce dernier de sa vie, de ses projets, de ses besoins, de ses difficultés. Il répercute en les adaptant au contexte local les décisions générales. Il siège au Conseil plénier (§ 237ss) et y représente la Province. Le Modérateur provincial veillera à ce que soient soumises au Modérateur général et au Conseil général les décisions qui relèvent de la compétence de ces derniers : renvoi d’un engagé définitif (§26), acceptation d’un stagiaire endetté (§65), création et fermeture de maison (§163ss), nomination ou changement de charge d’un berger (§170ss), constitution de Régions dans la Province (§209), changement de la mission d’une maison, acte d’administration économique pour lesquels le Directoire demande l’autorisation du Modérateur général, choix des visiteurs (§ 196), et toutes les autres décisions dont il est question dans le § 236.

217. Le Modérateur provincial a besoin du consentement du Conseil provincial pour les décisions suivantes :
- donner l'accord à un berger d'admettre un frère ou une sœur à l'engagement définitif ou aux vœux privés perpétuels (§ 24, 108),
- nommer l’Econome provincial,
- désigner les référents pour les familles et les consacrés (§ 93, 103, 215),
- renvoyer un engagé temporaire (§ 17), ou ne pas admettre un consacré au renouvellement de ses vœux (§ 111),
- poser certains actes d’administration économique extraordinaire définis dans le Directoire,
- permettre l'orientation d'un frère vers le diaconat permanent (§ 139).

218. Le Modérateur provincial réunira au moins deux fois par an les bergers de sa Province en réunion provinciale. Cette instance a pour but de favoriser l'unité et la coopération entre les différentes maisons de la Province, de permettre aux bergers de partager et de se soutenir mutuellement, de favoriser le dynamisme spirituel et apostolique de chacune des maisons, de promouvoir des activités communes à la Province (apostolat, formation, etc.), de veiller à l'application dans la Province des décisions prises à des niveaux supérieurs. Elle a aussi pour rôle de favoriser l'inculturation de la vie de la Communauté dans le contexte particulier de la Province.

219. Il est souhaitable que périodiquement un membre du Conseil général soit présent aux réunions provinciales pour élargir la vision à l'ensemble de la Communauté dans le monde et pour que le gouvernement général ait une connaissance concrète de la Province.

8.3 Le gouvernement général

8.3.1 Le Modérateur général


220. Le gouvernement général de la Communauté est assuré par le Modérateur général, assisté du Conseil général. Le Modérateur général a un rôle d'animation, de stimulation et de coordination de l'ensemble de la vie de la Communauté des Béatitudes, pour favoriser sa fidélité à sa vocation propre, le respect de la règle de vie, son insertion dans l'Eglise, son unité, son dynamisme spirituel et apostolique. Il exerce sa responsabilité à l'égard de la Communauté tout entière, en conformité avec le droit de l'Eglise, les présents Statuts et les directives des Assemblées générales. Il représente la Communauté devant l'Eglise.

221. Il convoque et préside le Conseil général (§ 224ss), le Conseil plénier (§ 237) et l’Assemblée générale (§ 240ss). Il est en relation suivie avec les Conseillers généraux qu'il consulte pour toutes les décisions importantes.

222. Le Modérateur général est élu par l’Assemblée générale (§ 247) pour une durée de quatre ans. Son mandat est renouvelable, mais au-delà du deuxième mandat il lui faut les deux tiers des voix au premier tour pour être élu. S'il est berger d'une maison, il abandonnera cette charge pour être totalement au service de la Communauté. Il peut être un homme ou une femme, marié ou consacré dans le célibat. Il doit être engagé à vie dans la Communauté.

223 Pour de justes causes le Modérateur général a la faculté de dispenser de certains points du Directoire, en particulier quand leur application stricte serait manifestement contraire au bien spirituel des personnes et de la Communauté.

8.3.2 Le Conseil général et les Assistants du Modérateur


224. Le Conseil général aide le Modérateur général dans sa tâche d'animation et de coordination de l'ensemble de la vie de la Communauté. Il est constitué d'au moins cinq membres, parmi lesquels toutes les conditions de vie doivent être représentées (couples, sœurs consacrées, frères consacrés, prêtres). Sa composition doit aussi refléter la dimension internationale de la Communauté. Le nombre des Conseillers généraux est décidé, sur proposition du Modérateur général, par l’Assemblée générale avant qu'elle ne procède à l'élection de ceux-ci (§ 247). Les Conseillers généraux doivent être engagés à vie dans la Communauté.

225. Le Responsable des prêtres (§ 121ss) est membre de droit du Conseil général. Les autres membres sont élus par l’Assemblée générale (§ 247).

226. Le Modérateur général choisira au sein du Conseil général un ou plusieurs assistants pour l’aider de manière plus étroite dans sa tâche. L’un d’eux, désigné par le Modérateur comme Assistant général, le remplace en cas d'impossibilité de remplir sa fonction ou assure l'intérim en cas de démission.

227. Dans la délibération du Conseil général, chaque membre du couple dispose d'une voix dans les votes. Le Modérateur général ne prend pas part au vote.

228. Le Conseil général peut inviter un membre de la Communauté à participer à ses débats à cause de compétences particulières qui sont les siennes, mais sans voix délibérative.

229. Le Conseil général se réunit au moins tous les trois mois. Il est convoqué et présidé par le Modérateur général, qui en fixe l'ordre du jour après consultation des Conseillers. Les provinciaux et bergers sont informés des dates de réunion du Conseil général, et peuvent faire des suggestions sur le contenu de l’ordre du jour, en les transmettant au Modérateur général.

8.3.3 Rôle et fonctionnement de la Modération générale


230. Le Modérateur général assisté du Conseil général veille à ce que soit respecté le fonctionnement normal des différentes instances de gouvernement et de communion (niveau provincial et local), à ce que soient appliquées les décisions des Assemblées générales, à ce que l'exercice de l'autorité dans les maisons respecte les frères et sœurs.

231. Il met en place les services généraux nécessaires aux besoins de la Communauté et en désigne les responsables : économat général, secrétariat général, formation des frères et sœurs, formation et suivi des familles, des consacrés, des prêtres, commissions diverses.

232. Il est attentif à ce que la vie administrative et économique de la Communauté soit saine et conforme aux Statuts ainsi qu'au droit canonique et civil. Il veille au bon fonctionnement des instances mises en place dans ce domaine (économats, services de conseil économique et juridique). Il veille aussi à maintenir un esprit de partage et de solidarité.

233. Il oriente et stimule tout ce qui se fait dans le domaine de la formation des frères et sœurs, particulièrement des bergers.

234. Il est une instance de recours pour pourvoir à des besoins ou résoudre des conflits pour lesquels les instances inférieures (maisons ou Provinces) sont incompétentes ou impuissantes.

235. Il supervise la croissance de la Communauté, se prononce sur l'opportunité des nouvelles fondations et en nomme les bergers. Il peut susciter des fondations pour répondre à des appels de l'Eglise, pour promouvoir de nouvelles orientations de la Communauté ou lui permettre de s'implanter dans des régions où sa présence peut être utile.

236. Le Modérateur général a besoin du consentement du Conseil général pour les décisions suivantes :
- renvoyer un engagé à vie (§ 26),
- permettre à un profès perpétuel délié de ses vœux de rester membre de la Communauté (§ 113),
- fonder une nouvelle maison et nommer son berger (§ 163, 171), constituer une quasi-maison (§153)
- confier à un berger une autre responsabilité (§ 177),
- nommer un Modérateur provincial (§ 211),
- proposer le Responsable des prêtres (§ 122),
- désigner le couple référent général pour les familles (§94), le responsable du diaconat permanent (§138), l’Econome général,
- proposer à l’Evêque quel ministère confier à un prêtre de la Communauté (§ 125),
- poser certains actes d’administration économique extraordinaire définis dans le Directoire,
- décider la fermeture d'une maison et la dévolution de ses biens (§ 169),
- fixer l'ordre du jour d'une Assemblée générale (§ 242),
- convoquer une Assemblée générale extraordinaire (§ 241),
- établir la liste des visiteurs (§196).

8.3.4 Le Conseil plénier

237. Le Conseil plénier est constitué du Conseil général et de l'ensemble de tous les Modérateurs provinciaux. Le Modérateur général peut demander à des responsables de services ou d'apostolats d'y intervenir à titre consultatif.

238. Il se réunit ordinairement deux fois par an, notamment avant les Assemblées générales. Le Modérateur général peut en cas de nécessité le convoquer en réunion extraordinaire.

239. Il est un organe de consultation et d'échange en vue d'aider le gouvernement général dans sa tâche, en lui donnant une vision plus large et complète de la vie de la Communauté. Il aide le Conseil général à préparer l’Assemblée générale et à en fixer l'ordre du jour. Il décide de la composition de l’Assemblée générale, du nombre de représentants de chaque Province et de leur mode d’élection. Il décide de la constitution des Provinces ainsi que de toute modification de celles-ci.

8.4 L’Assemblée générale

8.4.1 Composition et convocation


240. Elle est constituée de trois catégories de membres, qui ont tous voix délibérative :
- des membres de droit : le Modérateur général, les membres du Conseil général et les Modérateurs provinciaux,
- des membres désignés par le Conseil général (représentants de services ou d’apostolats importants), qui ne peuvent pas constituer plus de dix pour cent de l’Assemblée,
- des membres élus dans les Provinces, en nombre au moins égal au total des précédents. Le nombre de représentants par Province est proportionnel à son importance numérique et fixé par le Conseil plénier. Sont électeurs et éligibles tous les frères et sœurs engagés définitifs ou permanents. Dans les élus d’une Province doivent figurer autant que possible les différentes conditions de vie de la Communauté (couples, célibataires, frères et sœurs consacrés, prêtres) et au moins un berger.

241. L’Assemblée générale se réunit tous les quatre ans, sur convocation du Modérateur général. Une Assemblée générale extraordinaire pourra être réunie à l'initiative du Modérateur général avec l'accord de son Conseil pour une raison grave concernant toute la Communauté.

242. Son ordre du jour est proposé par le Modérateur général avec accord de son Conseil, tous les participants pouvant y apporter leurs suggestions, et approuvé par l’Assemblée elle-même lors de son ouverture.

8.4.2 Rôle et compétence

243. L’Assemblée générale est l'organe suprême de décision quant aux grandes orientations de la vie de la Communauté. Elle est aussi un lieu de prière, de réflexion, d'échange, de communion. Elle permet de fortifier la communion au sein de la Communauté et d'accueillir dans la prière et la docilité à l'Esprit-Saint le projet de Dieu sur elle.

244. Pour la validité de ses décisions, les deux tiers des membres doivent être présents.

245. Elle peut émettre des règles qui valent pour toute la Communauté, dans la conformité aux Statuts. Elles sont conservées dans le “Directoire”, et sont en vigueur jusqu'à leur révocation ou leur modification par une autre Assemblée générale.

246. Elle peut proposer des modifications des Statuts de la Communauté, à la majorité des deux tiers, lesquelles doivent bien entendu être approuvées ensuite par l'autorité ecclésiastique compétente.

247. Elle élit le Modérateur général et le Conseil général selon la procédure prévue dans le Directoire. Ces élections seront préparées par une consultation des bergers.

8.5 Le Directoire

248. Le Directoire comporte deux parties : le Directoire général et le Directoire particulier. Le Directoire général est constitué de toutes les normes approuvées par l’Assemblée générale , ayant force de loi pour toutes les maisons de la Communauté. Le Directoire particulier est constitué de toutes les normes s’appliquant à un contexte particulier (soit géographique, soit concernant différentes maison ayant une situation pastorale identique). Il est défini en Assemblée locale après que l’opportunité en ait été appréciée par le Modérateur général et son Conseil. Le Directoire général renvoie au Directoire particulier chaque fois que cela est nécessaire. Le Directoire particulier peut aussi comporter des normes qui ne sont pas expressément demandées par le Directoire général. Chaque norme du Directoire particulier précise à qui elle s’applique.

249. L’Assemblée locale est constituée des membres engagés à vie d’une ou plusieurs maisons ou de leurs représentants élus. L’Assemblée locale édicte ou adapte des normes qui appartiennent au Directoire particulier. Pour entrer en vigueur, les normes édictées par une Assemblée locale doivent au préalable être approuvées par le Modérateur général et son Conseil.

 
 

 

9. Les apostolats

9.1 ACTIVITES APOSTOLIQUES ET CARITATIVES D'UNE MAISON
9.2 ACTIVITES APOSTOLIQUES COMMUNES A PLUSIEURS MAISONS
9.3 L'ACCUEIL DES PAUVRES

 

9.1 Activités apostoliques et caritatives d'une maison

250. Chaque maison, désireuse de participer à la mission de l'Eglise, aura à cœur selon sa grâce propre et ses possibilités, d'assumer des activités apostoliques en vue de l'annonce de l'Evangile et du service des pauvres, soit confiées par l'Evêque diocésain ou d'autres instances de l'Eglise locale comme la paroisse, soit entreprises (avec l'accord de l'Evêque bien sûr) à l'initiative de la Communauté elle-même (cc. 211 et 225). Le berger de la maison est responsable de veiller au bon déroulement de chaque apostolat, à sa saine insertion dans la vie de l'Eglise locale, à sa conformité avec la législation et la doctrine de l'Eglise.

251. Toute activité apostolique en un lieu donné sera exercée bien entendu avec le consentement et sous l'autorité de l'Evêque du diocèse, selon les normes du droit universel et particulier.

252. Le berger d'une maison ne mettra pas en place ni n'assumera une activité apostolique ou caritative d'une certaine ampleur sans l’accord du Modérateur provincial, de manière à assurer une coordination entre tous les apostolats exercés par la Communauté dans une même Province.

253. Un membre de la communauté ne prendra pas une part active dans un parti politique ni dans la direction d’une association syndicale à moins que, au jugement du Modérateur provincial et de son Conseil, la défense des droits de l’Eglise ou la promotion du bien commun ne le requière.

9.2 Activités apostoliques communes à plusieurs maisons

254. Les maisons se prêteront volontiers à des œuvres apostoliques communes dans le cadre de la Province, ou même concernant toute la Communauté, en mettant généreusement des frères et sœurs à la disposition de ces entreprises. En effet, la grâce et la force évangélisatrice de la Communauté tiennent en partie dans sa faculté de se mobiliser dans des actions communes. Elles permettent de souder les frères et sœurs, de créer un esprit de corps, de sortir chacun de son isolement et de sa tendance individualiste dans son ministère. Elles sont un témoignage vivant, visible de ce que nous vivons en Eglise pour le monde.

255. Les responsables des apostolats les géreront en soumission aux bergers et Modérateurs provinciaux dont ils dépendent, auxquels ils rendront compte de leur activité.

256. Le Modérateur général, aidé de son Conseil, veillera à la coordination des différents apostolats exercés par la Communauté. Il résoudra les conflits éventuels. Il pourra stimuler un développement d'apostolats dans des domaines urgents ou négligés. Il aura le devoir d'intervenir dans le cas où un apostolat n'est pas fidèle à l'esprit de la Communauté, ou n'est pas exercé en communion avec la doctrine et la vie de l'Eglise.

9.3 L'accueil des pauvres

257. Les maisons de la Communauté seront largement ouvertes à l'accueil de “nos seigneurs les pauvres” (Saint Vincent de Paul), accueil qui n'est pas facultatif, mais une nécessité évangélique. Même s’il n’est pas possible d’accueillir indistinctement dans une maison toutes les formes de pauvreté, et si un discernement doit être fait à cet égard, on considérera non pas comme une charge, mais comme un bonheur que des personnes pauvres matériellement, humainement, au plan de la santé, des blessures affectives et psychologiques, puissent partager notre vie, se rappelant la parole de Jésus : “Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait” (Mt 25, 40). On ne refusera pas sans raison impérieuse le couvert et le gîte, au moins pour une nuit, à qui frappe à notre porte.

258. Pour permettre cette insertion de pauvres dans la Communauté, on aura une certaine souplesse et liberté dans l'aménagement de la vie des maisons et dans l'application des exigences concrètes de la règle de vie, en privilégiant l’amour des personnes par rapport à une observance rigide de la règle.

 
 

 

10. L’administration des biens temporels

10.1 GENERALITES
10.2 LES DONS
10.3 LA DIME
10.4 PROTECTION SOCIALE DES MEMBRES

 

10.1 Généralités

259. La Modération générale de la Communauté, ainsi que les Provinces et les maisons ont le droit, selon la législation de l’Eglise et les présents Statuts, d’acquérir, de posséder, d’administrer et d’aliéner des biens temporels selon ce qui est nécessaire à la poursuite des fins spirituelles, apostoliques et caritatives de la Communauté.

260. L'administration des biens dans la Communauté doit être animée d'un esprit de responsabilité, de prudence, mais aussi d'abandon confiant à la Providence et de souci de partage avec les plus pauvres, de simplicité et de pauvreté évangélique, excluant toute recherche de luxe et de profit. Les responsables et administrateurs, comme tous les frères et sœurs, se souviendront sans cesse qu'il ne sont que les gérants et non les propriétaires des biens dont ils disposent, et que ceux-ci ont comme unique finalité d'être mis au service du Royaume et des pauvres.

261. Le Modérateur général et son Conseil ainsi que les Modérateurs provinciaux supervisent l’administration des biens dans la Communauté, et doivent intervenir quand il est constaté des négligences ou des abus dans ce domaine.

262. La gestion des biens mobiliers et immobiliers de la Communauté se fait sous l’autorité des responsables légitimes de la Communauté, fonctionnant avec leurs conseils respectifs : berger pour une maison, Modérateur provincial pour une Province, Modérateur général pour le gouvernement général de la Communauté.

263. Les responsables ci-dessus s’entoureront d’un conseil économique d’au moins deux personnes. Ils confieront l’administration ordinaire des biens à un Econome qui les gérera sous leur autorité.

264. Les responsables et Economes gèrent les biens et les ressources de la Communauté et ceux de ses apostolats selon les finalités spirituelles qui sont les siennes, en conformité avec le droit canonique et le droit civil. Ils tiendront compte des dispositions des présents Statuts et du Directoire pour demander à leurs Conseils, ou aux responsables de niveau plus élevé, les permissions requises pour poser des actes d’administration extraordinaire tels que : détermination des budgets, acceptation et utilisation de certains dons, aliénations, acquisitions importantes, sollicitation d’aide financière.

265. On veillera à un climat de transparence quant à l'argent et à son utilisation. Les comptes des maisons et des apostolats, des Provinces, de la Modération générale, seront régulièrement examinés par les instances définies dans le Directoire.

266. Lorsque les circonstances font que les biens immobiliers de la Communauté sont au regard de la loi civile propriété d’une association, d’une société ou d’une autre personne morale, les membres et les administrateurs de ces associations doivent être, dans la mesure du possible, en majorité des membres de la Communauté. Ils se souviendront qu’au regard de la loi de l’Eglise ces biens sont propriété de la Communauté et se conduiront en conséquence.

267. Dans un souci d’exprimer sa confiance dans la Providence qui pourvoit jour après jour à ce qui lui est nécessaire, la Communauté s’engage à ne pas souscrire d’emprunts ni à thésauriser en mettant de côté de l’argent ou des biens qui n’auraient pas une destination précise conforme à ses buts spirituels et apostoliques. On ne prêtera non plus jamais d’argent à intérêt.

268. Les administrateurs et Economes conserveront avec soin les originaux des actes tels que titres de propriété, contrats de vente ou d'achat, commodats, bilans. Ils en enverront des copies aux archives de la Communauté, selon les dispositions du Directoire.

10.2 Les dons

269. La Communauté peut recevoir des dons, mais la volonté du donateur doit toujours être respectée dans l’utilisation de ces dons. On n’acceptera de legs ou de donation sous condition qu’avec la permission du Modérateur général.

270. Les dons reçus par une maison, une fois mise à part la dîme (§ 272ss), seront utilisés librement par celle-ci, sauf si la valeur du don dépasse certains plafonds fixés par l’Assemblée générale et figurant dans le Directoire, auquel cas son affectation sera soumise au Modérateur provincial ou au Modérateur général. Avant d'utiliser un don, le berger se demandera si cette utilisation correspond à un besoin réel, et s'il n'y a pas une maison plus nécessiteuse ou une œuvre ou personne dans le besoin qui pourrait en bénéficier au moins en partie.

271. Les dons reçus par un membre de la Communauté (engagé temporaire ou définitif) reviennent à sa maison. On ne pourra disposer de sommes d'argents ou d'objets reçus en don pour son usage personnel qu'avec la permission du berger.

10.3 La dîme


272. Depuis les débuts de la Communauté, nous nous sommes attachés à vivre la pauvreté dans l'abandon à la Providence. L'expérience nous a montré que l'abondance de la Providence dépend de notre désintéressement, de notre fidélité dans le service, mais aussi de notre capacité à partager ce que nous recevons du Seigneur. Aussi chacune des maisons de la Communauté verse chaque mois le dixième de tous ses revenus et des dons qu’elle reçoit à un compte provincial ou général, selon les dispositions du Directoire.

273. La dîme est un instrument privilégié de solidarité entre les différentes maisons et œuvres de la Communauté et de partage avec plus pauvres que nous. Les recettes de la dîme seront utilisées pour permettre le fonctionnement des instances générales et provinciales, pour soutenir des maisons en difficulté ou en phase de fondation, pour faire face à certains besoins urgents de maisons ou de membres de la Communauté, ainsi que pour aider des pauvres en dehors de la Communauté et soutenir des œuvres caritatives ou des œuvres d'Eglise.

274. Les normes concrètes permettant de mettre en œuvre ce principe de la dîme, ainsi que les directives quant à l'utilisation de cette dernière sont fixées par l’Assemblée générale et figurent dans le Directoire. Le Modérateur général et les Modérateurs provinciaux sont chargés de veiller à leur application. Ils rendent compte de l’utilisation de la dîme, selon les prescriptions du Directoire.

10.4 Protection sociale des membres


275. On fera en sorte que tout membre célibataire et que chaque famille de la Communauté bénéficie d'une protection sociale suffisante, dans le respect de la législation du pays. On tiendra compte des directives éventuelles de la Conférence Episcopale en ce qui concerne les nécessités des clercs (Cf. can. 1274,§2). Pour y pourvoir, des caisses de solidarité communautaire pourront être constituées si nécessaire par pays ou Provinces, et gérées sous la responsabilité des Modérateurs provinciaux concernés.

 
 

 

11. Autres réalités liées à la Communauté

11.1 GENERALITES
11.2 LES FAMILIERS
11.3 LES BEATITUDES DE LA SAINTE FAMILLE
11.4 LES AMIS DE L'AGNEAU

 

11.1 Généralités

276. La Communauté n'est en auc un cas propriétaire des dons et de la grâce qu'elle a reçus du Seigneur. Celle-ci déborde largement sa structure juridique et s'étend à un grand nombre de personnes qui vivent de son esprit, coopèrent à ses apostolats, la soutiennent par leur prière et leur aide matérielle, et vivent une authentique participation à son charisme, sans cependant être appelées à devenir pleinement membres de la structure communautaire telle qu'elle est définie dans les présents Statuts. On permettra aux personnes qui y sont appelées des formes variées d'intégration à la Communauté et de partage de différents aspects de sa vie, de sa prière, de ses apostolats. Ces situations seront précisées au cas par cas avec souplesse, ainsi que les droits et les devoirs qui en découlent, sous la vigilance du Modérateur général et des Modérateurs provinciaux. Sans être exclusifs, les paragraphes suivants décrivent quelques modalités actuellement reconnues de participation au charisme de la Communauté.

11.2 Les Familiers

277. Les familiers sont des personnes qui vivent de manière stable au sein d’une maison de la Communauté, et font partie intégrante de la “famille” constituée par cette maison, sans cependant assumer pleinement toute la vocation communautaire. Elles sont appelées à partager sa vie pour diverses raisons : pour un long temps de restructuration humaine et spirituelle, parce que la Communauté leur offre une spiritualité et un milieu de vie correspondant à leurs aspirations et leurs besoins.

278. Les droits et devoirs réciproques de la Communauté et des familiers seront décrits dans le Directoire. On y précisera ce qui est demandé aux familiers dans le domaine de la vie de prière, du partage matériel, de l’esprit de pauvreté, de l’obéissance et de la vie fraternelle, tout cela pouvant être adapté au cas de chacun. On y définira aussi les devoirs que la Communauté se reconnaît envers eux. Un contrat écrit sera établi avec chacun. On pourra proposer aux familiers un engagement annuel.

11.3 Les Béatitudes de la Sainte Famille

279. Les “Béatitudes de la Sainte Famille” rassemblent des personnes qui désirent vivre un réel engagement dans l’esprit de la Communauté, sans en partager la vie commune, mais en étant membres d’alliance de la Communauté. Elles peuvent être des familles, des célibataires, des clercs, ayant avec la Communauté et entre eux des liens étroits, sans toutefois constituer un groupe autonome. Leur vocation spécifique est de vivre l’esprit des Béatitudes là où elles sont, et de collaborer étroitement aux activités apostoliques de la Communauté en assumant une mission particulière. Elles ont leur règle de vie propre, approuvée par l’Assemblée générale de la Communauté, et qui figure dans le Directoire.

11.4 Les Amis de l'Agneau

280. Les “Amis de l'Agneau” sont des fidèles de toutes conditions qui, tout en menant une vie normale dans le monde, désirent partager la spiritualité de la Communauté des Béatitudes. Ils veulent mettre au centre de leur existence le désir du Royaume qui vient, vivre dans la fidélité à l'Evangile, dans la prière, dans le service du prochain, et établir avec la Communauté tout entière un lien explicite de communion spirituelle et d'entraide fraternelle, afin de se nourrir de sa grâce propre et de l'aider concrètement dans sa mission et ses apostolats.

281. Chacun des “Amis de l'Agneau” est rattaché à une maison de la Communauté. C'est le berger de la maison qui discerne les vocations, les admet à leurs engagements, qui organise périodiquement des rencontres entre eux et avec la Communauté.

282. Les “Amis de l'Agneau” ont leur Charte propre, approuvée par l’Assemblée générale de la Communauté et figurant dans le Directoire.